Vatican : Annaba s’apprête à accueillir le pape, sur les traces de saint Augustin

A quelques jours de la visite du pape Léon XIV, attendue du 13 au 15 avril en Algérie, la ville d’Annaba s’active pour accueillir cet événement historique. Haut lieu du christianisme, la cité est étroitement liée à Saint Augustin, dont elle conserve l’héritage spirituel.

Au cœur des préparatifs, la basilique dédiée au saint fait l’objet d’importants travaux. Sous la supervision du recteur, le père Fred Wekesa, ouvriers municipaux et membres de l’ordre de Saint-Augustin s’emploient à restaurer les lieux, entre peinture des murs et entretien des statues.

Cette visite revêt une portée symbolique particulière. Dès son premier discours prononcé depuis la basilique Saint-Pierre à Rome, le souverain pontife s’était revendiqué héritier de saint Augustin, figure majeure du christianisme née en 354 à Tagaste, aujourd’hui Souk Ahras, avant de devenir évêque d’Hippone, l’actuelle Annaba, où il rédigea ses célèbres Confessions.

Pour la communauté chrétienne locale, minoritaire, l’événement suscite une vive émotion. Le père Wekesa y voit un signe fort de reconnaissance et de soutien, soulignant l’importance de cette visite pour un “petit troupeau” souvent discret mais bien présent.

Dans la ville, les préparatifs s’étendent bien au-delà des sites religieux. Routes rénovées, espaces publics nettoyés, jardins réaménagés : Annaba se transforme pour accueillir le pape. Le site archéologique voisin, où subsistent les vestiges de l’ancienne basilique de la Paix, continue par ailleurs d’attirer de nombreux visiteurs, attachés à la figure de saint Augustin, considéré comme un enfant du pays.

La visite est également perçue comme un moment de rassemblement. Pour de nombreux habitants, elle incarne un symbole de paix et de coexistence entre religions. Les autorités accordent une attention particulière à cet événement, espérant qu’il contribuera à valoriser l’image du pays à l’international.

La communauté chrétienne d’Annaba, composée en grande partie d’étudiants subsahariens, de travailleurs étrangers et de quelques convertis algériens, se mobilise pleinement. 

Au-delà de sa dimension religieuse, cette visite porte un message d’ouverture. Dans un pays marqué par la décennie noire des années 1990, durant laquelle les affrontements entre groupes islamistes et forces de sécurité ont fait plus de 250 000 victimes, cet événement est vu comme une opportunité de rappeler la « capacité des Algériens »  à coexister pacifiquement.