A quelques jours de l’élection présidentielle prévue vendredi à Djibouti, le chef de l’Etat sortant, Ismaïl Omar Guelleh, apparaît largement favori. Après près de trois décennies au pouvoir, il brigue un nouveau mandat face à un unique adversaire peu connu du grand public.
Agé de 78 ans et surnommé « IOG », le président dirige le pays depuis 1999, année où il avait succédé à Hassan Gouled Aptidon, dont il fut un proche collaborateur dès l’indépendance en 1977.
La campagne électorale, lancée fin mars, s’est déroulée sans véritable suspense. Le président sortant a multiplié les déplacements à travers le pays, mettant en avant son rôle de garant de la stabilité dans une région sous tension.
Dans ce contexte géopolitique complexe, Djibouti tire parti de sa position stratégique. Bordant le détroit de Bab el-Mandeb, passage clé du commerce maritime mondial, le pays accueille des bases militaires de plusieurs puissances, dont la France, les États-Unis, la Chine, le Japon et l’Italie. Cette présence internationale constitue à la fois une source de revenus et un levier d’influence politique.
Cependant, l’économie djiboutienne reste fragile, largement dépendante de ses activités portuaires, qui représentent environ 70 % du produit intérieur brut et reposent en grande partie sur les échanges avec l’Éthiopie. Par ailleurs, les tensions régionales, notamment liées au conflit au Yémen et aux menaces pesant sur la sécurité du Bab el-Mandeb, accentuent les incertitudes.
Sur le plan intérieur, plus de 256 000 électeurs sont appelés aux urnes dans ce pays d’un peu plus d’un million d’habitants. Mais le scrutin se tient dans un climat politique contesté. L’opposition, affaiblie et divisée, dénonce depuis des années des restrictions à ses activités, évoquant pressions, arrestations et obstacles administratifs.
Face au président sortant, seul Mohamed Farah Samatar est en lice. A la tête d’un parti sans représentation parlementaire, cet ancien membre du parti présidentiel reste largement méconnu des électeurs.
