Figure majeure de l’opposition gabonaise, Alain-Claude Bilie-By-Nze a été placé sous mandat de dépôt jeudi, au lendemain de son interpellation à son domicile. Connu pour ses critiques répétées à l’encontre du pouvoir, il fait désormais l’objet de poursuites judiciaires pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance.
Dans un communiqué, le procureur de la République, Dick Fabrice Boungou Mikolo, a indiqué que l’enquête faisait suite à une plainte déposée par une citoyenne gabonaise. Celle-ci accuse l’ancien Premier ministre de ne pas avoir remboursé une somme d’environ 7.500 euros, qui lui aurait été confiée dans le cadre de l’organisation des festivités de la Fête des cultures.
De son côté, le parti ‘’Ensemble pour le Gabon (EPG)’’ dénonce une arrestation « brutale » et contraire aux principes de l’État de droit. Selon cette formation politique, les faits remonteraient à 2008 et s’inscriraient dans un contexte institutionnel, Bilie-By-Nze ayant alors agi en tant que responsable du comité d’organisation de l’événement.
Le parti affirme par ailleurs que cette affaire serait liée à une créance impayée par l’État gabonais, aujourd’hui réclamée à titre individuel à l’opposant par une tierce personne. Une interprétation que les proches de l’intéressé jugent infondée.
Cette arrestation intervient dans un climat politique déjà tendu. Candidat malheureux à la présidentielle d’avril 2025 et ancien chef du gouvernement sous Ali Bongo, Bilie-By-Nze s’est récemment opposé à plusieurs décisions controversées, notamment la suspension des réseaux sociaux et une réforme du code de la nationalité adoptée sans débat parlementaire.
Ce texte prévoit notamment la possibilité de retirer la nationalité pour des activités subversives et déstabilisatrices, une mesure vivement critiquée par l’opposition.
Ces développements surviennent alors que le président Brice Oligui Nguema, élu avec un score écrasant l’an dernier, est confronté à une série de mouvements sociaux, dont une longue grève dans le secteur de l’éducation.
Dans ce contexte, l’EPG voit dans l’incarcération de son leader une manœuvre politique grave, destinée à museler une voix critique influente, fragiliser l’opposition et instaurer un climat d’intimidation jugé incompatible avec les principes démocratiques.
