Bénin : Demande d’extradition de l’influenceur panafricaniste Kemi Seba

Le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, Elonm Mario Metonou, a annoncé lundi la préparation d’une demande d’extradition visant l’influenceur panafricaniste Kemi Seba, arrêté la semaine dernière à Pretoria.

Recherché au Bénin pour son soutien présumé à la tentative de coup d’État de décembre, il reste détenu en Afrique du Sud dans l’attente d’une audience sur une éventuelle libération sous caution prévue le 29 avril. Les autorités béninoises assurent que la procédure suit son cours légal, les démarches diplomatiques relevant du pouvoir politique.

Des incertitudes entourent sa défense. Un avocat, Sesedi Phooko, avait évoqué une demande d’asile, rapidement démentie par l’entourage de Kemi Seba. Juan Branco a précisé qu’aucune requête de ce type n’avait été déposée à ce stade.

Agé de 44 ans, Kemi Seba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, est suivi par près de 1,5 million d’abonnés. Ancien Franco-Béninois, il a perdu sa nationalité française en 2024 et dispose désormais d’un passeport diplomatique nigérien délivré par les autorités du Niger.

Installé en Afrique du Sud depuis cinq mois, il se trouvait en situation irrégulière après l’expiration de son visa, selon une source proche. Il a été arrêté en compagnie de François van der Merwe, membre du groupe identitaire Bittereinders. Le parquet sud-africain a demandé un report de l’audience afin de vérifier plusieurs éléments, notamment l’authenticité des documents et des soupçons de blanchiment d’argent faisant l’objet d’un autre mandat d’arrêt émis en 2025.

Selon la police, François van der Merwe aurait reçu une somme d’environ 13.000 euros pour faciliter le passage vers le Zimbabwe. Toutefois, l’entourage de Kemi Seba affirme que les deux hommes ne se connaissaient pas avant leur arrestation.

Figure controversée et critique virulent de la politique française en Afrique, Kemi Seba s’était réjoui publiquement d’une tentative de putsch au Bénin en décembre. Opposant déclaré au président Patrice Talon, il avait déjà été brièvement interpellé dans le pays en 2019 et 2023.