Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, est arrivé jeudi soir à Lomé pour une visite officielle de deux jours, marquant un retour diplomatique de haut niveau inédit depuis plus de dix ans.
Dès son arrivée, il s’est entretenu avec le président Faure Gnassingbé, avant de rencontrer vendredi son homologue Robert Dussey. Cette visite intervient dans un contexte de recomposition des alliances régionales, alors que le Togo affiche un rapprochement avec la Russie et multiplie les initiatives en direction des régimes au Sahel.
Le chef de la diplomatie française a souligné le caractère inhabituel d’une si longue absence, rappelant la solidité et l’ancienneté des liens entre Paris et Lomé. Ancienne colonie française, le Togo demeure l’un des rares partenaires de la France en Afrique de l’Ouest, une région où son influence a récemment reculé.
Les relations bilatérales avaient toutefois connu des tensions en 2025, lorsque les autorités togolaises avaient suspendu temporairement la diffusion de France 24 et de Radio France Internationale, accusés de relayer des informations jugées biaisées sur des manifestations à Lomé.
Au cœur des échanges : les enjeux sécuritaires et diplomatiques régionaux. Faure Gnassingbé joue un rôle clé de médiateur dans la région des Grands Lacs, notamment dans le conflit en République démocratique du Congo, sous l’égide de l’Union africaine. Parallèlement, Lomé ambitionne de servir d’intermédiaire entre la communauté internationale et le Mali, le Burkina Faso, le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel.
La situation sécuritaire nationale a également été évoquée. Le nord du Togo est régulièrement visé par des attaques jihadistes. Les discussions ont aussi porté sur plusieurs dossiers internationaux, notamment les tensions en Iran et au Moyen-Orient.
