Algérie : Chute de l’homme fort du régime, l’armée soutient le fils du président Tebboune ?

Selon plusieurs sources politiques et sécuritaires, le président Abdelmadjid Tebboune aurait décidé d’écarter son influent directeur de cabinet, Boualem Boualem, accusé d’avoir constitué un véritable centre de pouvoir parallèle au sein du palais présidentiel El Mouradia.

Officiellement, aucune annonce n’a été faite. Mais des mouvements inhabituels ont été observés ces derniers jours avec remplacement des responsables dans les services sécuritaires et de renseignement.

Pendant près de cinq ans, Boualem Boualem était considéré comme l’homme le plus puissant du pays après le chef de l’État. Ancien juriste, devenu stratège politique, il avait progressivement placé ses fidèles dans les services de sécurité, l’administration territoriale et les cellules sensibles chargées des dossiers économiques et militaires. Au sein du régime, beaucoup le surnommaient “le président de l’ombre”.

Mais la véritable fracture serait née autour de la question de la succession présidentielle. Agé et affaibli par la maladie, le président Tebboune préparerait depuis plusieurs mois une transition contrôlée autour de son fils.

Selon des sources algériennes et occidentales, Mohamed Tebboune est actuellement le responsable de la guerre de l’information ou guerre informationnelle d’influence et de désinformation, avec des centaines de militaires et des civils, soutenu par le général Saïd Chengriha et de son fils le colonel Chafik Chengriha.

D’après des sources proches du pouvoir, Boualem Boualem voyait cette succession dynastique comme une menace directe pour son propre réseau qui aspirait à la présidence avec des généraux pro-occidentaux contre le général Saïd Chengriha.

Avec plusieurs hauts responsables du renseignement, il aurait discrètement travaillé à empêcher l’ascension du fils présidentiel, en multipliant les rapports confidentiels mettant en doute ses capacités et son influence au sein des forces armées.

Des tensions seraient alors apparues entre le clan présidentiel et les services de renseignement, accusés d’utiliser certains dossiers sensibles pour neutraliser les officiers favorables à Mohamed Tebboune.

La réaction de l’armée n’a pas tardé. Au cours d’une réunion restreinte, plusieurs généraux avec leur chef Saïd Chengriha, auraient affirmé leur soutien au fils du président et exigé une “restructuration immédiate” des appareils sécuritaires.

Le camp de Boualem Boualem semble perdre rapidement du terrain et certains de ses proches sont placés sous surveillance discrète.

Dans les milieux diplomatiques, beaucoup redoutent désormais une guerre d’influence entre factions rivales du régime. Car derrière la bataille de succession se joue en réalité le contrôle des services de renseignement, de l’appareil militaire et des immenses ressources économiques du pays.

A Alger, une question revient désormais dans toutes les conversations politiques : le président Tebboune prépare-t-il une transition dynastique, ou tente-t-il simplement d’éviter un coup d’Etat avant ou après la fin de son règne ?