Au moins 50 militaires maliens ont été tués samedi dans une embuscade tendue contre un convoi de l’armée dans le nord du Mali, l’une des attaques les plus meurtrières enregistrées par les Forces armées maliennes depuis le début de la crise sécuritaire qui secoue le pays depuis plus d’une décennie.
Selon plusieurs sources locales et sécuritaires, le convoi quittait la ville stratégique d’Anéfis en direction de Gao lorsqu’il a été pris pour cible par une coalition composée du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et du Front de libération de l’Azawad (FLA), un mouvement indépendantiste touareg.
Anéfis est devenue ces dernières semaines un point névralgique des affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés. Début juillet, une offensive conjointe du JNIM et du FLA avait permis aux assaillants de s’emparer temporairement de la localité, où un camp militaire malien, appuyé par les paramilitaires russes d’Africa Corps, avait été encerclé.
Au sein de l’armée malienne, plusieurs responsables reconnaissent l’ampleur des pertes. Une source militaire a indiqué que certains soldats auraient été exécutés après l’attaque, précisant qu’une enquête interne est en cours pour déterminer les failles tactiques ayant conduit à ce revers.
L’attaque a également provoqué une vive émotion parmi les familles des victimes. L’épouse d’un militaire tué a appelé les autorités à faire preuve de transparence sur le bilan humain, estimant que les pertes étaient particulièrement lourdes.
D’après plusieurs témoignages, les éléments d’Africa Corps, qui accompagnent les forces maliennes dans leur lutte contre les groupes armés, n’ont subi aucune perte. Ils auraient atteint Gao avant l’embuscade, en raison d’un manque de coordination avec le convoi de l’armée, selon des responsables locaux.
Le JNIM et le FLA ont revendiqué l’attaque. Dans un communiqué, l’armée malienne s’est limitée à confirmer que son convoi avait été pris dans une embuscade tendue par des « groupes armés terroristes », sans communiquer de bilan officiel.
Depuis 2012, le Mali est confronté à une insurrection menée par des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, auxquels s’ajoutent des mouvements indépendantistes touaregs et des groupes armés communautaires. Malgré l’arrivée au pouvoir des militaires à la suite des coups d’État de 2020 et 2021 et le renforcement de la coopération sécuritaire avec la Russie, les violences continuent de s’intensifier, notamment dans le nord du pays, où les groupes armés multiplient les offensives contre les positions de l’armée.
