La Gambie a fait part, vendredi, de sa vive préoccupation après une intervention des forces armées sénégalaises dans une zone frontalière contestée, accusant ces dernières d’avoir détruit une partie de la clôture d’un poste militaire gambien à Bulock, dans le sud-ouest du pays.
Selon un communiqué du gouvernement gambien, l’incident s’est produit jeudi, lorsque des éléments de l’armée sénégalaise ont démoli, sans concertation préalable, une portion de la clôture entourant cette base militaire située le long de la frontière commune. Banjul a qualifié cet acte de « gravement provocateur » et « totalement inacceptable ».
Malgré la gravité des faits dénoncés, les autorités gambiennes ont réaffirmé leur volonté de privilégier une issue pacifique. Le gouvernement assure rester attaché au dialogue et aux voies diplomatiques afin de régler ce différend frontalier.
Dans ce contexte, la Gambie a exhorté les forces armées sénégalaises à faire preuve de la plus grande retenue et à traiter toute question relative à la délimitation de la frontière exclusivement dans le cadre des mécanismes bilatéraux mis en place entre les deux États.
En réponse, le ministère sénégalais des Affaires étrangères a rejeté les accusations, évoquant dans un communiqué publié vendredi soir des « empiètements affectant l’intégrité territoriale » du Sénégal. Dakar rappelle également que la zone concernée fait depuis plusieurs années l’objet de discussions entre les autorités compétentes des deux pays.
La Gambie, petit Etat anglophone d’Afrique de l’Ouest, est presque entièrement enclavée dans le territoire sénégalais, à l’exception de son ouverture sur l’océan Atlantique. Les questions de délimitation de certaines portions de la frontière demeurent un sujet sensible entre les deux pays, malgré leurs relations traditionnellement étroites.
