La France : Un hymne national unique au monde, l’Algérie, seule à interpeller son ancien colonisateur dans ses paroles

Le régime militaire algérien, pourra-t-il changer ou modifier son hymne national après la main tendue du président français Emmanuel Macron au président Abdelmadjid Tebboune.

Dans le paysage des hymnes nationaux, celui de l’Algérie occupe une place à part. Kassaman (« Nous jurons »), adopté en 1963 après l’indépendance, est souvent présenté comme unique au monde pour une raison simple : il est le seul à mentionner explicitement une ancienne puissance coloniale, en l’occurrence la France, dans ses paroles officielles.

Il ne s’agit pas d’un chant abstrait célébrant uniquement la patrie, mais d’un texte de combat, forgé dans l’urgence et la violence d’un conflit historique majeur.

Le passage le plus frappant de cet hymne illustre cette singularité :

« Ô France ! Le temps des palabres est révolu. Nous l’avons clos comme on ferme un livre. Ô France ! Voici venu le jour où il te faut rendre des comptes. Prépare-toi ! Voici notre réponse. Le verdict, notre révolution le rendra. Car nous avons décidé que l’Algérie vivra. Soyez-en témoin ! ».

Un projet d’amendement visant à supprimer ce couplet a été soumis à l’Assemblée populaire nationale (APN), mais a été rejeté.

Le président Emmanuel Macron a envoyé la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, qui a rencontré samedi le président algérien Abdelmadjid Tebboune afin de relancer les relations franco-algériennes après près de deux ans de crise diplomatique. A l’issue de deux heures d’entretien, les deux parties ont convenu d’«intensifier» leur coopération sécuritaire, militaire et migratoire.

Mme Rufo a également annoncé qu’une première visite consulaire serait accordée dans les prochains jours au journaliste sportif français Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Sa famille espère désormais une grâce présidentielle.

Cette visite marque un nouveau pas dans le réchauffement entre Paris et Alger, après le déplacement du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez en février et le retour à Alger de l’ambassadeur français Stéphane Romatet.

La crise entre les deux pays avait éclaté à l’été 2024 après le soutien de Paris au plan marocain d’autonomie au Sahara occidental, provoquant le rappel de l’ambassadeur algérien.

Elle s’était aggravée avec l’affaire Boualem Sansal puis la mise en examen d’un agent consulaire algérien et des officiers du renseignement algériens sous couverture diplomatique en France, dans l’affaire d’assassinat d’un opposant algérien Amir DZ, et un fonctionnaire du ministère français de l’Économie (Bercy) mis en examen fin 2024 et début 2025 pour espionnage au profit de l’Algérie.

Alice Rufo était porteuse d’une lettre d’Emmanuel Macron, qui souhaite relancer les liens bilatéraux durant sa dernière année de mandat. Les discussions ont notamment porté sur la lutte antiterroriste et la situation sécuritaire au Sahel, en particulier au Mali.

Les deux pays ont aussi décidé de relancer la commission mixte d’historiens sur la mémoire coloniale. La ministre française s’est rendue à Sétif, haut lieu des massacres du 8 mai 1945, pour y déposer une gerbe commémorative.

Pour l’histoire, le régime militaire algérien pourra-t-il revoir ou modifier son hymne national après le geste d’apaisement du président français Emmanuel Macron envers l’Algérie?