RDC : Des experts de l’ONU dénoncent les exactions du M23 

Douze experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont appelé mardi à mettre fin aux violences commises par le groupe armé M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et dénoncent ses exactions sur la population civile. Ils accusent le mouvement rebelle de recourir à des exécutions, des violences sexuelles, des actes de torture et des détentions arbitraires pour asseoir son contrôle sur les territoires occupés.

Dans un communiqué, les experts dénoncent un climat de « terreur » imposé aux populations civiles dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les affrontements entre l’armée congolaise et le M23 se poursuivent depuis plusieurs mois. Ils affirment que les viols, les viols collectifs, les assassinats de civils et les violences d’une extrême brutalité constituent des pratiques récurrentes attribuées au groupe armé.

Parmi les signataires figurent notamment Alice Jill Edwards, rapporteuse spéciale sur la torture, et Matthew Gillett, président du Groupe de travail sur la détention arbitraire. Tout en reconnaissant que ces crimes ne sont pas exclusivement imputables au M23, ils estiment que l’ampleur des abus recensés est particulièrement alarmante.

Selon ces experts, le M23, qu’ils affirment être soutenu par le Rwanda, a instauré une administration de fait dans les zones sous son contrôle. Arrestations arbitraires, torture – y compris à caractère sexuel –, travail forcé et recrutement contraint y seraient utilisés comme instruments de domination de la population. Des cas d’enlèvements, d’incendies criminels et d’extorsion ont également été signalés.

Les personnes arrêtées seraient détenues dans des centres de détention non officiels, décrits comme surpeuplés et insalubres, où l’accès à la nourriture, à l’eau et aux soins médicaux serait fortement limité. Les détenus seraient soumis à des passages à tabac répétés et plusieurs décès auraient été enregistrés en détention. Les experts évoquent également des demandes de rançon adressées aux familles en échange de la libération des prisonniers.

Face à cette situation, ils appellent la communauté internationale à agir rapidement afin de protéger les populations civiles et réclament l’ouverture d’enquêtes indépendantes pour que les auteurs de ces violations répondent de leurs actes. Ils précisent avoir transmis leurs préoccupations au gouvernement rwandais.

Le 9 juillet dernier, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait déjà exhorté à une cessation immédiate des combats. Il avait demandé au Rwanda de mettre fin à son soutien présumé au M23 et de retirer ses troupes de la RDC, tout en appelant les autorités congolaises à désarmer et rapatrier les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).