Ethiopie : Boeing condamné à verser 49,5 millions de dollars à la famille d’une victime

Un jury d’un tribunal fédéral civil de Chicago a accordé, mercredi soir, une indemnisation de 49,5 millions de dollars à la famille d’une Américaine de 24 ans décédée dans le crash du vol Ethiopian Airlines 302. L’accident, survenu en 2019 à bord d’un Boeing 737 MAX 8, avait fait 157 victimes.

Après environ deux heures de délibération, les jurés ont estimé que le préjudice total subi par les plaignants atteignait ce montant, selon un document judiciaire.

Boeing avait exprimé sa « profonde tristesse » pour les familles touchées par les catastrophes des vols Lion Air 610 et Ethiopian Airlines 302. Le groupe a rappelé avoir conclu des accords à l’amiable dans la grande majorité des cas, tout en reconnaissant le droit des familles à saisir la justice.

La procédure concernait la mort de Samya Stumo. Faute d’accord préalable avec Boeing, ses proches ont porté l’affaire devant les tribunaux, où le procès s’est ouvert début mai. Lors des audiences, leur avocat, Shanin Specter, a dénoncé la responsabilité du constructeur, affirmant que « l’avion n’était pas sûr » et que le drame aurait pu être évité.

Samya Stumo se rendait à Nairobi pour sa première mission professionnelle au sein de l’ONG ThinkWell lorsqu’elle a embarqué à Addis-Abeba le 10 mars 2019. L’appareil s’est écrasé peu après le décollage.

Dès 2019, Boeing avait reconnu le rôle d’un système logiciel anti-décrochage dans cet accident, ainsi que dans celui du vol Lion Air survenu quelques mois plus tôt en Indonésie. Au total, les deux catastrophes ont causé 346 morts.

Ce verdict s’inscrit dans une série de procédures civiles liées à ces drames. En novembre 2025, un premier procès avait abouti à une indemnisation de 28,45 millions de dollars pour le conjoint d’une victime. D’autres affaires restent en cours, dont une prochaine audience prévue en août.

Parallèlement, LOT Polish Airlines a engagé une action en justice contre Boeing, réclamant au moins 250 millions de dollars pour les pertes liées à l’immobilisation mondiale des 737 MAX pendant près de vingt mois après les accidents.