Tunisie : Rached Ghannouchi condamné à la prison à vie 

La justice tunisienne a prononcé, mardi, de lourdes peines à l’encontre de plusieurs dirigeants du mouvement islamiste Ennahdha, parmi lesquels son président historique, Rached Ghannouchi. Les condamnations, liées à des accusations de terrorisme, vont de dix années d’emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité.

Selon les autorités judiciaires, les prévenus étaient poursuivis pour avoir mis en place un présumé « appareil sécuritaire clandestin » au profit d’Ennahdha, formation politique qui a occupé une place centrale dans la vie politique tunisienne durant plus d’une décennie après la révolution de 2011.

Âgé de 84 ans, Rached Ghannouchi a été condamné à la prison à vie, assortie de trente années supplémentaires de réclusion. Cette décision a été confirmée par son parti ainsi que par plusieurs médias tunisiens. Dans le même dossier, l’ancien officier de l’armée Kamel Ben Bedoui a écopé d’une peine de perpétuité accompagnée de 32 ans de prison.

L’ancien chef du gouvernement Ali Laarayedh, déjà incarcéré depuis 2022 dans le cadre d’une autre procédure liée à des réseaux jihadistes, a pour sa part été condamné à 42 ans de détention.

Arrêté en 2023, Rached Ghannouchi faisait déjà face à plusieurs condamnations judiciaires. Avant ce nouveau verdict, il avait cumulé plus de quarante années de prison dans différentes affaires, notamment pour « complot contre la sûreté de l’État ».

Réagissant à cette décision, le dirigeant d’Ennahdha a dénoncé un procès qu’il considère dépourvu « des garanties les plus élémentaires d’une justice équitable ».

Ces condamnations interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu en Tunisie. 

Depuis le 25 juillet 2021, date à laquelle le président Kaïs Saïed s’est attribué l’essentiel des pouvoirs à la faveur d’un coup de force institutionnel, les partis d’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent une dégradation continue des libertés publiques et des droits fondamentaux dans le pays, berceau du Printemps arabe de 2011.