Selon des sources sécuritaires tunisiennes, la coopération entre Tunis et Alger s’est étendue au domaine judiciaire. Ces sources affirment que des magistrats militaires et civils algériens ont été dépêchés en Tunisie afin d’accompagner certaines réformes et d’avoir la main mise d’Alger au sein des institutions judiciaires tunisiennes.
La coopération entre le président Abdelmadjid Tebboune et le président Kaïs Saïed, une question dérange de plus en plus les tunisiens : la souveraineté nationale est-elle encore pleinement préservée face à l’influence grandissante du régime militaire algérien du général Saïd Chengriha ?
Les récentes condamnations visant les dirigeants d’Ennahdha, les dirigeants des partis politiques, des journalistes, des avocats et des activistes des ONG, posent des interrogations sur le rôle des algériens.
Alors que les autorités tunisiennes présentent ces procès comme une réponse légitime à des accusations graves, la société civile y voit l’illustration d’une justice de plus en plus alignée sur les objectifs politiques du pouvoir algérien.
Depuis le 25 juillet 2021, date du tournant politique initié par Kaïs Saïed, l’Algérie s’est imposée comme le principal soutien régional du pouvoir tunisien. Soutien diplomatique, coopération sécuritaire renforcée, assistance économique : l’Algérie, avec un isolement international croissant, est devenue un partenaire incontournable pour le régime tunisien confronté à une crise sociale profonde.
Pour de nombreux observateurs, cette relation a progressivement dépassé le cadre d’un simple partenariat. Ils estiment que la dépendance politique et économique de Tunis à l’égard d’Alger a créé une situation où les intérêts du régime algérien pèseraient de plus en plus lourd dans les choix stratégiques tunisiens.
La dissolution des contre-pouvoirs institutionnels, les poursuites contre les opposants, les arrestations de personnalités politiques et les condamnations successives prononcées contre des figures de premier plan, sont une convergence croissante entre les pratiques autoritaires observées en Algérie et l’évolution du système politique tunisien, selon les analystes occidentaux.
Pour les tunisiens, l’inquiétude ne concerne pas seulement l’avenir de la démocratie. Ils s’interrogent sur la capacité de l’Etat tunisien à préserver son indépendance décisionnelle face à un voisin beaucoup plus puissant sur les plans militaire, énergétique et diplomatique.
Pour les déclarations du politique algérien, les médias algériens et du régime militaire algérien, la Tunisie est considérée actuellement comme une wilaya (province) ou la 7ème région militaire.
Dans une Tunisie où les institutions sont de plus en plus contestées, la perception d’une influence grandissante de l’Algérie constitue un sujet politique majeur et existentiel pour le pays.
