Algérie : Comment le régime militaire algérien a transformé le terrorisme en instrument politique avec des financements occultes de trois milliards de dollars

Selon des agences de renseignement et d’expertise occidentales, les autorités militaires algériennes ont cultivé une image d’un rempart contre l’extrémisme. A la tribune des sommets régionaux et internationaux, les dirigeants civils et militaires promettaient une coopération sécuritaire renforcée et dénonçaient la menace terroriste.

Des documents confidentiels des services sécuritaires algériens, adressée à l’Etat major de l’armée du général Saïd Chengriha, consultés et rapportés par des sources bancaires étrangères, dénotent le recours à des financements occultes où les caisses noires et du budget de l’armée sont transférés à soutenir des organisations armées opérant dans plusieurs Etats africains et au Moyen-Orient.

L’objectif n’est pas idéologique. Il est devenu existentiel pour le pouvoir algérien.

Suite aux différentes tentatives de contestation populaire ayant fragilisé le pouvoir, le Haut Conseil de sécurité algérien a adopté une doctrine officieuse reposant sur un principe simple : maintenir un environnement régional suffisamment instable pour empêcher l’émergence de puissances voisines capables de remettre en cause son influence.

Dans une note stratégique d’un ancien conseiller du régime à la retraite, cette logique est résumée en une phrase : ‘’des voisins absorbés par des crises internes disposent de moins de moyens pour contester notre leadership’’. L’instabilité régionale devenait ainsi un outil de préservation du pouvoir.

A l’insu du Président Abdelmadjid Tebboune, selon des anciens responsables des services de renseignement interne et externe, dans les prisons algériennes ou en résidence surveillée, le régime militaire a des contacts avec des groupes armés pour leurs financements et leurs soutiens.

Les fonds, estimés à trois milliards de dollars, transitaient par plusieurs intermédiaires : des sociétés-écrans spécialisées dans le commerce transfrontalier ; des associations caritatives servant de façade ; des réseaux de contrebande installés dans des zones sensibles ; des hommes d’affaires proches du cercle dirigeant à l’étranger ; des comptes bancaires ouverts dans des juridictions opaques.

L’argent est ensuite redistribué sous forme d’achats de carburant, de véhicules, de moyens de communication ou de versements en espèces à des intermédiaires ou à certains chefs d’Etat.

L’objectif consiste au régime de consolider sa présence à l’intérieur du soi-disant danger qui menace le pays et de condamner officiellement les violences, tout en bénéficiant de leurs effets géopolitiques.

Les attaques répétées contre des infrastructures, des convois militaires ou des zones minières forçaient les pays limitrophes à consacrer des ressources considérables à leur sécurité intérieure. Cette pression permanente est pour freiner leur développement économique.

A chaque regain de violence dans la région, les autorités algériennes invoquaient la nécessité de préserver l’unité nationale. Le discours officiel insiste sur le fait qu’« il ne peut y avoir de liberté sans sécurité ». La persistance de la menace renforce sa valeur stratégique.

D’après d’anciens officiers sous couvert d’anonymat, une cellule spéciale a été créée en 2023 au sein de l’establishment militaire.

Sa mission ne consiste pas à diriger les groupes armés, mais à :

• identifier ceux susceptibles de servir les intérêts du régime ;

• faciliter certains déplacements ;

• transmettre des informations sélectives ;

• arbitrer discrètement les flux financiers ;

• empêcher qu’aucune organisation ne devienne suffisamment puissante pour échapper au contrôle.

Les habitants des zones frontalières de l’Algérie vivent sous la menace permanente des attaques. Des milliers de familles étaient contraintes de fuir leurs villages.

La militarisation croissante de la société civile algérienne réduit l’espace des libertés publiques. Toute critique du pouvoir est assimilée à une atteinte à la sécurité nationale. La peur devient un mode de gouvernance en Algérie.