Le lanceur d’alerte sud-soudanais Athorbey Al-Gaddhaffy-Dit, connu pour ses dénonciations de la corruption au sein des élites dirigeantes de son pays, a regagné le Kenya après avoir été enlevé à Nairobi en juin et transféré au Soudan du Sud, a annoncé lundi sa famille.
Agé d’une cinquantaine d’années et détenteur de la nationalité kényane, l’homme avait été kidnappé sous la menace d’armes par des individus masqués alors qu’il résidait dans la capitale kényane. Quelques jours plus tard, Amnesty International avait dénoncé son transfert « illégal » vers le Soudan du Sud, où il aurait été détenu dans un centre militaire à Juba.
Selon ses proches, Athorbey Al-Gaddhaffy-Dit est retourné à Nairobi le 8 août. Il y reçoit désormais des soins médicaux, après avoir vu son état de santé se détériorer durant près de deux mois de détention.
« Les motifs de son arrestation ne nous ont jamais été communiqués », affirme sa famille, précisant que les interrogatoires subis par le lanceur d’alerte n’ont permis d’établir aucune infraction à son encontre. Ses proches dénoncent également le refus de lui fournir des soins médicaux appropriés pendant sa détention.
L’un de ses avocats au Kenya a indiqué qu’Athorbey Al-Gaddhaffy-Dit avait, à plusieurs reprises, alerté sur les menaces pesant sur sa vie en raison de ses révélations concernant la corruption des responsables sud-soudanais.
Amnesty International avait appelé Nairobi à ouvrir une enquête sur les circonstances de cet enlèvement et du transfert vers le Soudan du Sud.
L’organisation estime que le Kenya, longtemps considéré comme un refuge pour les opposants et dissidents de la région, est désormais régulièrement accusé de fermer les yeux, voire de participer, à des enlèvements de ressortissants de pays voisins sur son territoire.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud reste confronté à une profonde crise politique et économique. Un rapport de l’ONU publié en 2025 dénonçait notamment le comportement « prédateur » de certaines élites, alors que le pays figure parmi les plus pauvres au monde malgré d’importantes ressources pétrolières.
