CPI : La pression américaine accélère les départs d’Etats membres

La Cour pénale internationale (CPI) fait face à une multiplication des départs de ses États membres, sur fond de fortes tensions avec Washington. Après le Venezuela et le Tchad, cinq pays ont annoncé au cours de la dernière année leur intention de quitter l’institution, rejoignant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Cette série de retraits intervient alors que les Etats-Unis intensifient leur offensive contre la juridiction basée à La Haye. Washington lui reproche notamment de porter atteinte à sa souveraineté. En juillet, le secrétaire d’Etat Marco Rubio avait annoncé une campagne visant à réduire l’influence de la CPI, appelant ses 125 États membres à se désengager et menaçant de sanctionner les organisations qui collaborent avec elle.

L’administration américaine a déjà pris des mesures contre plusieurs responsables de la Cour, notamment en réaction aux mandats d’arrêt visant de hauts responsables israéliens dans le contexte de la guerre à Gaza, ainsi qu’aux enquêtes concernant des ressortissants américains en Afghanistan.

Le Tchad a directement fait référence aux pressions américaines pour expliquer sa décision. Selon son ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul, Washington avait demandé à N’Djamena de reconsidérer son adhésion lors d’un échange téléphonique le 23 juillet. Le pays a annoncé son retrait quatre jours plus tard.

Les critiques contre la CPI ne se limitent toutefois pas aux Etats-Unis. Les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont annoncé leur départ l’an dernier, accusent également la Cour de pratiquer une justice à deux vitesses. Ils l’ont notamment qualifiée d’instrument de répression néocoloniale.

L’Afrique demeure au cœur de cette controverse. Les premières enquêtes de la CPI ont majoritairement porté sur des pays africains, même si plusieurs gouvernements du continent avaient eux-mêmes sollicité l’intervention de la Cour.