Le chef rebelle tchadien Ousmane Dillo a annoncé mercredi à Paris son intention de regagner « bientôt » le Tchad afin de renverser le président Mahamat Idriss Déby, son cousin, lors d’une conférence de presse organisée par ses avocats.
« La junte doit partir », a martelé l’opposant, sans préciser la date ni les modalités de son retour. Il a également annoncé vouloir poursuivre ses démarches auprès de l’ONU et de la justice française pour obtenir des éclaircissements sur la mort de son frère, l’opposant Yaya Dillo Djérou, tué par l’armée tchadienne à N’Djamena en 2024.
Cette affaire illustre les profondes divisions qui persistent au sein de la famille Déby et du clan zaghawa, une communauté minoritaire originaire du nord et de l’est du Tchad, qui domine le pouvoir depuis 1990.
Ousmane Dillo a assuré vouloir obtenir « justice » pour son frère avant de rejoindre les combattants zaghawa engagés au Soudan aux côtés de l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan contre les Forces de soutien rapide (FSR). N’Djamena est régulièrement accusé de soutenir les paramilitaires soudanais, notamment par la fourniture d’armes pour le compte des Emirats arabes unis, des accusations que le président Déby rejette.
Blessé en octobre 2025 lors des combats d’El-Fasher, où les FSR ont finalement pris le contrôle de la ville après un long siège, Ousmane Dillo avait ensuite été remis aux autorités tchadiennes. Il affirme que celles-ci lui auraient proposé de l’argent en échange du retrait de sa plainte concernant la mort de son frère, ce qu’il a refusé.
Par ailleurs, la justice tchadienne a condamné mercredi à 15 ans de prison ferme l’ancien chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine, poursuivi notamment pour assassinat, viol, torture et séquestration. Trois de ses coaccusés ont écopé de dix ans de détention.
Arrêté en 2019 dans le sud-est du Tchad, Miskine, de son vrai nom Martin Koumtamadji, était détenu à N’Djamena depuis lors. Les faits reprochés remontent à 2002 et 2003, dans des zones frontalières entre le Tchad et la Centrafrique.
