Mali : Au moins dix civils tués dans le centre du pays, selon des sources locales

Au moins dix civils ont été tués dimanche dans le centre du Mali par des soldats maliens et des paramilitaires russes de l’Africa Corps, selon des sources locales et sécuritaires citées mardi par l’AFP. Leurs dépouilles auraient ensuite été dissimulées dans des sacs et abandonnées dans une rivière.

A Ké-Macina, dans la région de Ségou, un habitant a affirmé que onze civils avaient été exécutés par un détachement de l’armée venu dans la localité pour assurer une relève. D’après l’oncle de l’une des victimes, les jeunes hommes avaient été arrêtés quatre jours auparavant, sur des soupçons de collaboration avec des groupes jihadistes.

« Les militaires maliens et les Russes ont arrêté ces jeunes avant de les abattre », a-t-il déclaré à l’AFP, citant le témoignage d’un rescapé.

Un élu local a également mis en cause les Forces armées maliennes (FAMa) et des membres de l’Africa Corps. Selon lui, les victimes auraient été tuées avant que leurs corps ne soient placés dans des sacs et jetés dans un cours d’eau.

Un autre responsable local a indiqué que onze dépouilles avaient été retrouvées dans des sacs, dans un marigot, après plusieurs démarches des autorités locales auprès de la gendarmerie et de l’armée. Les militaires auraient finalement indiqué l’endroit où se trouvaient les corps et remis certains effets personnels appartenant aux victimes.

Une source sécuritaire a, pour sa part, affirmé que les victimes avaient été égorgées. Des proches ont également accusé les militaires d’avoir initialement attribué les disparitions aux jihadistes avant de révéler l’emplacement des corps sous la pression de la population.

Dirigé par une junte depuis les coups d’État de 2020 et 2021, le Mali s’est éloigné de ses partenaires occidentaux pour renforcer sa coopération militaire avec la Russie. L’armée malienne et les combattants russes ont déjà été accusés par plusieurs organisations de défense des droits humains d’exactions contre des civils.

Le pays reste confronté à une grave crise sécuritaire depuis 2012, marquée par les attaques de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique, ainsi que par des violences communautaires et les revendications indépendantistes touarègues.