Trois jours de débats, d’expertise et de mobilisation diplomatique, seront organisés pour faire entendre la voix du peuple kabyle auprès de l’opinion internationale et des institutions des Nations unies.
Selon un proche du président Ferhat Mehenni, la conférence prise en charge à plus de 250 milles d’euros, ne serait pas conçue comme un simple rassemblement militant. Elle ambitionne de devenir un espace réunissant différentes compétences autour d’une même question : faire reconnaître la Kabylie, dans le cadre du droit international et des mécanismes diplomatiques existants et la revendication du peuple kabyle à décider librement de son avenir.
Dans un contexte international où les revendications nationales, les questions d’autodétermination et le respect des droits des peuples occupent une place croissante dans les débats politiques et médiatiques, une conférence internationale consacrée à l’avenir politique de la Kabylie et à son droit à l’autodétermination va constituer un rendez-vous majeur pour les défenseurs de l’indépendance kabyle.
Prévue sur trois jours dans une grande ville située hors de France, cette rencontre réunirait une vingtaine de responsables politiques, d’anciens ambassadeurs, de diplomates, d’universitaires, de professeurs spécialisés dans les relations internationales et les hautes études stratégiques, ainsi que des militants et représentants d’organisations engagées en faveur de l’autodétermination et de l’indépendance de la Kabylie.
L’objectif est clair : faire connaître la question kabyle au-delà du cercle des militants et construire un argumentaire politique, historique, juridique et diplomatique pour être entendu et compris par la communauté internationale.
La présence d’anciens ambassadeurs et de spécialistes des relations internationales permettrait notamment d’analyser les mécanismes dont disposent les mouvements et leurs représentants revendiquant le droit à l’autodétermination.
Des universitaires pourraient également présenter des communications consacrées à l’histoire politique de la Kabylie, aux concepts de peuple, de nation et d’autodétermination, ainsi qu’aux précédents internationaux ayant conduit certains territoires à obtenir une autonomie, une reconnaissance politique ou leur indépendance.
L’enjeu serait de dépasser les déclarations de principe pour présenter à la communauté internationale un dossier argumenté, documenté et compréhensible par les politiciens, les médias et les organisations internationales.
La première journée serait consacrée à l’histoire de la Kabylie, à son identité culturelle et linguistique, à son évolution politique et aux différentes étapes ayant marqué ses rapports avec le pouvoir central algérien.
Des chercheurs, historiens, universitaires et représentants de la société civile pourraient présenter leurs travaux et témoignages.
Une place importante pourrait également être accordée aux questions relatives aux libertés publiques, aux droits humains et aux accusations de répression formulées par des militants kabyles.
L’objectif serait de documenter les faits, de présenter les différentes sources disponibles et de permettre un débat contradictoire et rigoureux.
La deuxième journée constituerait le cœur juridique et diplomatique de la conférence.
Des professeurs de droit international, des spécialistes des relations internationales, d’anciens diplomates et des experts en stratégie pourraient examiner notamment : le principe de l’autodétermination des peuples ; les différents précédents historiques et contemporains ; les mécanismes des Nations unies concernant les peuples et territoires revendiquant leur autodétermination ; les possibilités de saisine et de sensibilisation des institutions internationales ; le rôle des Etats, des organisations régionales et de la société civile ; les conditions politiques et diplomatiques nécessaires à l’émergence d’une question sur l’agenda international.
Cette journée aurait également pour objectif de répondre aux principales objections formulées à l’encontre de la revendication indépendantiste et de présenter une argumentation reposant sur le droit, la diplomatie et les principes universels, plutôt que sur la confrontation.
La troisième journée serait consacrée à la projection internationale de la question kabyle.
Politiciens, diplomates, universitaires et représentants des organisations indépendantistes pourraient réfléchir à la création d’une stratégie commune de communication et de plaidoyer.
Parmi les propositions susceptibles d’être discutées figureraient la création d’un comité international de plaidoyer pour la Kabylie, la constitution d’un réseau d’experts, la production de rapports destinés aux institutions internationales et l’organisation régulière de rencontres avec des parlementaires, diplomates, universitaires, journalistes et organisations de défense des droits humains.
La conférence pourrait se conclure par l’adoption d’une Déclaration internationale sur le droit du peuple kabyle à l’autodétermination, accompagnée d’un ensemble de recommandations destinées aux acteurs politiques et diplomatiques.
Pour ses organisateurs, l’objectif ne serait pas uniquement de réunir des personnalités partageant déjà la revendication indépendantiste. Il s’agirait également de porter le débat auprès de ceux qui ne connaissent pas suffisamment la question kabyle.
La conférence va ainsi être ouverte aux journalistes internationaux, aux chercheurs, aux représentants d’organisations non gouvernementales, aux parlementaires et aux diplomates.
Compte tenu de la sensibilité politique du sujet et de la présence potentielle de personnalités exposées, la conférence devrait se dérouler dans un établissement hôtelier répondant à des standards élevés de sécurité, dans une ville internationale.
La sécurité devrait toutefois être pensée comme un dispositif de protection des participants et de garantie du bon déroulement des débats, dans le respect des législations du pays hôte et des principes de liberté d’expression et de réunion.
Au terme des trois journées, les organisateurs pourraient transmettre officiellement les conclusions de la conférence aux représentants diplomatiques concernés et aux mécanismes pertinents des Nations unies, dans les limites des procédures applicables.
Le message serait simple : la question kabyle ne devrait pas être ignorée lorsqu’une population revendique le droit de déterminer démocratiquement son avenir.
