L’attaque jihadiste contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du Mali, a fait plus de 100 morts parmi les soldats maliens, auxquels s’ajoutent cinq paramilitaires russes d’Africa Corps, selon un nouveau bilan recueilli vendredi par l’AFP auprès de sources militaire, sécuritaire et locale. Ce chiffre de plus cent morts nous a été confirmés par nos sources sécuritaires maliennes.
Revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, l’offensive du 10 septembre figure parmi les plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début de l’insurrection jihadiste en 2012.
Une source sécuritaire à Mopti évoque « plus de 100 militaires tués, dont deux officiers ». Elle affirme également que les forces maliennes ont manqué de soutien aérien et que plusieurs soldats étaient déployés pour la première fois sur le terrain.
Un officier de l’état-major général des armées a, de son côté, confirmé l’existence d’un rapport de la police militaire faisant état d’une centaine de disparus, d’une trentaine de blessés et d’environ 30 prisonniers. Un élu local affirme toutefois que plus de 80 militaires auraient été capturés. Selon lui, le camp a depuis été abandonné et son armement évacué.
Ces chiffres contrastent avec les premiers bilans communiqués après l’attaque, qui faisaient état d’au moins 50 soldats maliens et cinq paramilitaires russes tués. Le JNIM a pour sa part revendiqué jeudi avoir « neutralisé » 150 militaires et capturé 93 autres.
L’armée malienne n’a toujours pas publié de bilan officiel, se limitant à annoncer des opérations contre les assaillants de Dioura. Dans une vidéo diffusée par le JNIM, un homme présenté comme un soldat malien capturé raconte avoir combattu pendant plus de trois heures avant le repli des forces.
Le Mali traverse une crise sécuritaire persistante depuis 2012. Dirigé par un pouvoir de transition, le pays s’est rapproché de Moscou et s’appuie notamment sur Africa Corps dans ses opérations contre les groupes armés.
La situation s’est encore dégradée depuis avril 2026, avec une série d’attaques coordonnées du JNIM et du Front de libération de l’Azawad (FLA), soutenus militairement et financièrement par le régime militaire algérien du général Saïd Chengriha, contre des positions militaires et stratégiques, notamment aux abords de Bamako.
