Algérie : Les secrets de Boualem Boualem inquiètent le pouvoir, entre circuits financiers, Iran et Polisario

Selon des informations recueillies auprès de sources confidentielles, des investigations sont en cours sur l’entourage de Boualem Boualem, ancien directeur de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune, dont le décès a été annoncé en Suisse, ainsi que sur l’existence d’informations sensibles concernant des responsables civils, militaires et sécuritaires, et plusieurs dossiers financiers et diplomatiques délicats.

Les personnes ayant entretenu des liens étroits avec l’ancien directeur de cabinet de la présidence font actuellement l’objet de vérifications concernant des dossiers de l’ancien responsable, qu’il a pu conserver dans un lieu sécurisé en Europe. Le suivi de ces enquêtes est assuré par un service spécial relevant directement du général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire.

Les relations entre Alger et Téhéran figureraient parmi les sujets d’intérêt, compte tenu de leurs implications diplomatiques, militaires et stratégiques en Afrique et au Moyen-Orient. L’implication du régime militaire algérien et du Polisario en Syrie, sous Bachar el-Assad, serait documentée dans les notes secrètes de Boualem Boualem.

Un autre sujet, plus compliqué, dans la boîte noire de l’ex-directeur de cabinet concerne le mécanisme fondamental de la corruption et du transfert de fonds vers l’étranger, qui ne consiste pas simplement à dissimuler des espèces dans des valises, mais plutôt à exploiter des montages financiers et juridiques complexes, souvent conçus avec l’appui d’intermédiaires spécialisés, avocats, banquiers et consultants dans des juridictions offshore où l’opacité financière facilite la dissimulation de l’origine et de la propriété des capitaux.

Un autre volet, particulièrement sensible sur le plan régional, concerne Brahim Ghali, dirigeant du Front Polisario. Des affirmations de certaines sources d’El Mouradia font état d’un arrangement financier important qui lui aurait été proposé afin qu’il quitte l’Algérie et surtout sa mainmise sur Tindouf pour s’installer à l’étranger, en l’occurrence en Espagne, dans un contexte présenté comme marqué par un revers diplomatique au Conseil de sécurité des Nations unies. Cette information figurerait dans les notes de Boualem Boualem.