Soudan : Khartoum accuse l’Ethiopie de faciliter des attaques de drones des paramilitaires

Le Soudan a annoncé dimanche avoir saisi le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union africaine (UA), accusant l’Ethiopie de permettre aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) de lancer des attaques de drones contre son territoire depuis le sol éthiopien.

Dans un communiqué, le ministère soudanais des Affaires étrangères a dénoncé une « agression flagrante » et indiqué avoir déposé des recours officiels auprès du Conseil de sécurité de l’ONU et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.

« L’utilisation du territoire éthiopien par la milice terroriste (FSR) pour attaquer le territoire soudanais est considérée comme un acte hostile qui place l’Éthiopie en situation de violation du droit international », a-t-il affirmé.

L’armée soudanaise accuse régulièrement Addis-Abeba de soutenir les FSR, avec lesquelles elle est en guerre depuis avril 2023.

Dans un rapport publié dimanche, le Conseil souverain de transition, dirigé par l’armée, fait état de 70 attaques recensées entre le 15 février et le 27 octobre, impliquant 187 drones kamikazes et 82 munitions larguées par des drones en provenance d’Éthiopie.

Ces frappes auraient fait 176 morts et 200 blessés parmi les soldats soudanais. Elles auraient également causé 484 victimes civiles, tuées ou blessées, et visé notamment des zones résidentielles, des hôpitaux, des centrales électriques et des stations-service, selon le document.

Les récentes attaques contre des infrastructures électriques situées dans des zones contrôlées par l’armée ont notamment provoqué de vastes coupures de courant dans les Etats de Khartoum, d’Al-Jazirah, du Nil-Blanc et de Gedaref.

Depuis plusieurs mois, les deux camps intensifient leur recours aux drones dans le conflit. Selon les Nations unies, plus de 1.100 personnes ont été tuées dans des attaques de drones à travers le Soudan au cours du premier semestre 2026.

L’Éthiopie rejette les accusations de Khartoum et accuse à son tour son voisin de soutenir des rebelles liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), des allégations également démenties par les autorités soudanaises.