La Guinée a franchi une nouvelle étape dans sa politique de valorisation des ressources minières avec l’inauguration, dimanche, de sa première raffinerie d’or, baptisée Nimba Gold Refinery (NGR). Cette infrastructure vise à développer la transformation locale du métal précieux, à renforcer le contrôle de sa commercialisation et à accroître les retombées économiques du secteur aurifère.
Sa mise en service intervient quelques mois après la décision des autorités d’interdire les exportations d’or brut et d’imposer le raffinage sur le territoire national de la production locale.
Présent à la cérémonie, le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a rappelé que, malgré son rang parmi les principaux producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest, la Guinée ne tirait pas pleinement profit de la valeur ajoutée générée par la transformation de cette ressource.
Annoncée en juin dernier par le président Mamadi Doumbouya, la raffinerie s’inscrit dans cette volonté de mieux maîtriser la chaîne de valeur. Selon Bouna Sylla, le pays a produit environ 70 tonnes d’or en 2025, dont 20 tonnes issues des exploitations industrielles et semi-industrielles et 50 tonnes de l’exploitation artisanale. L’objectif des autorités est d’en raffiner localement 30 %.
Un défi demeure toutefois : une part importante de l’or artisanal échappe au circuit officiel et transite par des pays voisins, notamment le Mali, avant d’être exportée, selon Oumar Totiya Barry, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, à Conakry.
Les statistiques du ministère des Mines font état de 72,12 tonnes d’or exportées en 2025, soit une baisse d’environ 2 % par rapport à 2024. L’or artisanal représente à lui seul 49,61 tonnes, contre 19,95 tonnes pour la production industrielle et 2,57 tonnes pour le secteur semi-industriel.
La nouvelle infrastructure devrait ainsi contribuer à améliorer la traçabilité des flux, à limiter les circuits informels et à accroître les recettes publiques issues de l’exploitation aurifère.
Avec cette inauguration, la Guinée rejoint plusieurs pays ouest-africains engagés dans la transformation locale de l’or, à l’image du Burkina Faso, qui a également inauguré une raffinerie en septembre.
Au-delà de l’or, le pays dispose d’importantes réserves de bauxite, de fer, de diamants et d’uranium, confirmant le poids stratégique du secteur minier dans son économie.
