Le Burkina Faso a engagé une vaste opération de rapatriement de ses ressortissants installés en Guinée, à la suite des mesures prises par les autorités de Conakry contre l’exploitation artisanale et illégale de l’or. Selon des sources gouvernementales burkinabè et des médias d’État, plus de 8 000 personnes pourraient être concernées par ces départs.
La décision guinéenne, annoncée lundi, prévoit l’interdiction formelle de l’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs zones du nord-est du pays, ainsi que le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité afin de faire respecter cette mesure. Une initiative qui touche directement de nombreux travailleurs étrangers, notamment des ressortissants burkinabè attirés depuis plusieurs années par les opportunités économiques offertes par les sites aurifères guinéens.
Face à cette situation, Ouagadougou a décidé d’organiser le retour de ses citoyens. Une source du ministère burkinabè de la Solidarité nationale a indiqué que plusieurs centaines de cars ont été réquisitionnés. Un premier convoi a quitté le pays dans la nuit de mardi à mercredi pour récupérer les ressortissants concernés, dont certains se trouvent encore en Guinée tandis que d’autres ont déjà gagné le territoire malien.
Selon un recensement provisoire effectué par des responsables locaux présents en Guinée, plus de 8 000 Burkinabè seraient concernés par cette opération. La même source a également fait état de quatre décès, sans fournir davantage de précisions sur les circonstances.
L’Agence d’information du Burkina (AIB), média public burkinabè, évoque des « expulsions » et annonce l’envoi d’une délégation gouvernementale au Mali afin de venir en aide aux ressortissants en difficulté.
Le Mali se retrouve ainsi au cœur de cette opération, en raison de sa position géographique entre la Guinée et le Burkina Faso. Les autorités maliennes ont d’ailleurs signalé un important afflux de ressortissants de différentes nationalités à leur frontière avec la Guinée, en direction de Bamako.
Dans un communiqué publié mardi, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC), relevant du ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile, a directement lié ces mouvements de population aux mesures adoptées par Conakry pour mettre fin à l’orpaillage clandestin.
Les autorités maliennes assurent avoir pris les dispositions nécessaires pour accueillir les personnes concernées dans des conditions appropriées et organiser leur acheminement vers leurs pays d’origine.
Cette opération de retour massif illustre les conséquences humaines et régionales du durcissement de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières en Guinée. Elle met également en évidence les enjeux migratoires et sociaux liés à l’activité aurifère, qui constitue depuis plusieurs années une source importante de revenus pour des milliers de travailleurs venus des pays voisins.
