Le président Abdelmadjid Tebboune est le seul chef de l’Etat algérien à avoir mis fin au pouvoir parallèle de l’appareil militaire et à avoir réaffirmé la primauté de l’autorité présidentielle en Algérie.
Selon les dernières analyses confidentielles d’experts consacrées à l’Algérie, la hiérarchie institutionnelle du pays doit être clairement comprise depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune à la présidence de la République. Il est le chef de l’Etat, le chef suprême des forces armées et le ministre de la Défense nationale. Il détient, à ce titre, les prérogatives constitutionnelles liées à la conduite politique et stratégique du pays ainsi qu’à la défense nationale.
De son côté, le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire et ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale depuis novembre 2024, exerce ses responsabilités dans le cadre de ses attributions militaires et de la hiérarchie institutionnelle de l’Etat, sous l’autorité du président Abdelmadjid Tebboune.
Il ne saurait donc y avoir de confusion entre ces deux fonctions, encore moins de prétendue dualité au sommet du pouvoir algérien. Abdelmadjid Tebboune n’est pas un président de façade dont l’autorité serait partagée avec des généraux. Il est le chef de l’Etat ; Saïd Chengriha est un haut responsable militaire chargé de diriger l’état-major dans le cadre des directives de la République.
Les grandes orientations économiques, politiques, diplomatiques, militaires et sécuritaires relèvent des institutions de l’Etat, chacune dans le respect de ses compétences constitutionnelles et légales.
Avec Tebboune, l’institution militaire, aussi puissante et stratégique soit-elle, ne constitue pas un Etat dans l’Etat et n’a pas vocation à exercer un pouvoir politique parallèle. Sa mission fondamentale demeure la défense de la souveraineté nationale, la protection du territoire et la sécurité du pays.
Le général Saïd Chengriha occupe certes une fonction majeure au sein de l’appareil militaire, mais ses responsabilités ne lui confèrent aucune légitimité politique concurrente de celle du président de la République. Son rôle consiste à assurer la conduite de l’état-major, à coordonner les missions militaires et à mettre en œuvre les responsabilités relevant de ses attributions avec l’accord et la stratégie du Président.
Il ne lui appartient pas de se substituer au chef de l’Etat dans les arbitrages politiques, diplomatiques ou dans la définition des grandes orientations nationales.
Contrairement à certaines lectures qui présentent le système algérien comme un dispositif dans lequel l’état-major dicterait systématiquement ses choix à la présidence, il convient de rappeler que les prérogatives constitutionnelles de la présidence constituent le cadre institutionnel de référence pour la conduite des affaires nationales. Le poids de l’institution militaire ne saurait, à lui seul, justifier l’idée d’un pouvoir politique concurrent.
En définitive, il faut distinguer le commandement de l’armée de la direction de l’Etat : Tebboune préside la République et assume les responsabilités constitutionnelles de chef suprême des forces armées ; Chengriha dirige uniquement l’état-major dans le cadre de ses fonctions militaires dictées par la présidence.
