Le président congolais, Félix Tshisekedi, cherche à conclure un accord minier avec les États-Unis dans un contexte de crise sécuritaire à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), où le groupe rebelle M23 progresse. Dans une interview au « New York Times », Tshisekedi a proposé aux États-Unis et à l’Europe de participer aux richesses minières de la RDC, un secteur actuellement dominé par la Chine.
La RDC est l’un des pays les plus riches en ressources naturelles au monde. Tshisekedi espère utiliser ces richesses pour obtenir un soutien occidental contre le Rwanda, accusé de soutenir le M23. Le président congolais estime que des investissements étrangers, dans des projets comme un méga barrage hydroélectrique offriraient plus de stabilité et de sécurité à son pays. L’administration Trump a déjà manifesté de l’intérêt pour un accord minier permettant d’assurer l’approvisionnement en minerais stratégiques directement depuis la RDC.
Tina Salama, porte-parole de Tshisekedi, a précisé que l’appel concerne aussi bien les États-Unis que les Européens. Elle a insisté sur le fait que les ressources minières pillées par le Rwanda devraient être directement achetées en RDC, leur véritable pays d’origine.
La situation sécuritaire dans l’est de la RDC est critique, avec des milliers de morts depuis que le M23 a intensifié ses attaques début 2023, prenant le contrôle de villes stratégiques comme Goma et Bukavu. Le groupe, fondé en 2012 par des militaires dissidents congolais, a repris les armes en 2022. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le M23 pour accéder aux ressources minières de la région, une accusation confirmée par des rapports des Nations Unies.
Le Rwanda, de son côté, rejette ces allégations, affirmant que le M23 est un mouvement congolais et soulignant que les rebelles ont été désarmés en 2013. Selon Kigali, la RDC utilise cette accusation pour justifier une alliance militaire avec des pays voisins, notamment le Burundi et des mercenaires européens.