La République démocratique du Congo (RDC) a dénoncé, jeudi, une agression manifeste du Rwanda, accusant son armée, engagée aux côtés du groupe armé M23, d’avoir provoqué la mort de plus de 1 500 civils depuis le début du mois de décembre dans l’est du pays.
Selon un communiqué officiel, les opérations militaires menées sur l’axe Kamanyola-Uvira, dans la province du Sud-Kivu, ont combiné l’usage de bombardements et de drones kamikazes. Les autorités congolaises font également état de plus de 500 000 personnes déplacées à la suite de l’offensive.
Après la prise de Goma et Bukavu au début de l’année 2025, le M23, soutenu selon Kinshasa par l’armée rwandaise, a lancé en décembre une nouvelle avancée dans le Sud-Kivu, s’emparant notamment d’Uvira, ville stratégique située près de la frontière burundaise. Sous pression américaine, le groupe armé avait annoncé, le 17 décembre, son retrait de la localité, tout en appelant à prévenir toute « remilitarisation ».
Kinshasa affirme toutefois que les forces rwandaises poursuivent une occupation illégale de portions du territoire congolais, avec une extension progressive vers le sud. Les autorités évoquent l’arrivée de trois nouveaux bataillons rwandais au Sud-Kivu, qui viseraient une progression vers Fizi, puis vers Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, région clé en raison de ses importantes ressources minières.
Malgré l’annonce du retrait du M23, des sources locales ont indiqué que des éléments du groupe armé restaient présents à Uvira. En début de semaine, l’armée congolaise a, de son côté, affirmé avoir repris certaines localités à l’issue de combats violents.
Kigali continue de nier tout soutien au M23, mais a été directement mis en cause par les Etats-Unis. L’ambassadeur américain à l’ONU a dénoncé l’ampleur de l’implication rwandaise, évoquant le déploiement de plusieurs milliers de soldats. Des experts onusiens soulignent depuis des années le rôle du Rwanda dans les conflits persistants à l’est de la RDC, accusations rejetées par le M23, qui affirme vouloir renverser le président Félix Tshisekedi.
