Après près de trois ans de guerre, un nombre croissant de déplacés soudanais commencent à regagner leurs foyers, malgré une situation sécuritaire toujours instable dans plusieurs régions du pays. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 3,3 millions de personnes étaient déjà rentrées à la fin novembre 2025.
Le Soudan est en proie depuis avril 2023 à un conflit sanglant opposant l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Les combats ont fait des dizaines de milliers de victimes et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, forçant jusqu’à 14 millions de personnes à fuir leur lieu de vie, à l’intérieur du pays comme à l’étranger.
D’après l’OIM, la majorité des retours concernent des déplacés internes, qui représentent plus de 75 % des personnes revenues, tandis que 17 % ont quitté des pays voisins pour rentrer au Soudan. Khartoum concentre à elle seule près de 1,4 million de retours, suivie de l’État d’Al-Jazira, où environ 1,1 million de personnes ont retrouvé leur région d’origine.
Cette dynamique est largement attribuée aux gains territoriaux enregistrés par l’armée à partir de la fin de l’année 2024. L’offensive lancée dans le centre du pays a permis la reprise de plusieurs zones stratégiques, culminant avec la reconquête de Khartoum en mars 2025, un tournant majeur du conflit.
Début janvier, le gouvernement allié à l’armée a annoncé son intention de réinstaller ses institutions dans la capitale, après près de trois années de fonctionnement depuis Port-Soudan, sur la côte de la mer Rouge. Des chantiers de reconstruction ont été engagés à Khartoum afin de restaurer les infrastructures endommagées par les combats.
Si la situation s’est relativement stabilisée dans certaines villes du centre et de l’est contrôlées par l’armée, les Forces de soutien rapide poursuivent néanmoins des attaques ponctuelles, notamment par drones, visant des installations civiles et stratégiques. Dans le sud et l’ouest du pays, les affrontements restent particulièrement violents, les paramilitaires ayant renforcé leur présence dans le Kordofan après la chute du dernier bastion de l’armée au Darfour en octobre dernier.
Par ailleurs, de graves accusations de violations des droits humains ont émergé à la suite de la prise d’El-Facher, faisant état de massacres, de violences sexuelles, d’enlèvements et de pillages. Face à ces exactions présumées, la Cour pénale internationale a ouvert une enquête officielle portant sur d’éventuels crimes de guerre commis par les deux camps.
