Après de longs mois de paralysie, le trafic routier reprend progressivement vers Niafunké. Vendredi, cinq camions chargés de marchandises ainsi que trois bus de transport de passagers ont atteint la gare routière de la ville, empruntant l’axe Niono–Nampala–Léré, selon des sources locales. Ce retour reste fragile, mais il a été rendu possible grâce aux interventions des forces nationales de défense, malgré un contexte sécuritaire toujours tendu.
Cette reprise, bien que partielle, redonne vie à la gare routière, désormais animée par les allées et venues de commerçants et de voyageurs. Pour les habitants, privés de mobilité depuis de longs mois, il s’agit d’un soulagement palpable. L’activité commerciale reprend peu à peu, offrant aux vendeurs comme aux acheteurs de nouvelles perspectives.
Plus de 150 passagers, bloqués depuis près d’un an, ont ainsi pu regagner leurs proches. Faute de moyens pour emprunter la voie aérienne vers Tombouctou ou par crainte des risques liés à la navigation sur le fleuve Niger, ces voyageurs ont saisi l’opportunité de ce convoi. « Nous sommes soulagés de voir les déplacements redevenir possibles, même si la situation reste incertaine », confie un acteur du secteur des transports.
Au-delà du transport de personnes, cette reprise est cruciale pour l’économie locale. Cette route constitue en effet un axe vital pour l’approvisionnement des localités de la région, notamment Niafunké, Youwarou, Tonka, Diré, Goundam, Tombouctou et Rharous, ainsi que pour certaines zones du Gourma. L’arrivée des camions permet déjà de ravitailler les marchés en produits essentiels venus du sud, comme le mil et le sorgho.
Dans le même temps, elle ouvre des débouchés pour les productions locales, notamment les importantes quantités d’oignons et de riz, dont la conservation posait problème en l’absence de circuits de distribution. Pour les populations, cette reprise du trafic apparaît ainsi comme une bouffée d’oxygène, tant sur le plan économique que social.
