Nigeria : Des attaques coordonnées et des violences persistantes 

Une nouvelle vague de violences a frappé le nord du Nigeria samedi, où des groupes jihadistes ont mené des attaques simultanées contre des forces de sécurité et des civils, faisant au moins cinq morts selon les autorités.

Dans l’Etat de Borno, des combattants présumés affiliés à Boko Haram et à l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont pris d’assaut le commissariat de Nganzai, localité située à une centaine de kilomètres au nord de Maiduguri. L’attaque, qui visait à prendre le contrôle de la ville, a coûté la vie à quatre personnes.

Parallèlement, un autre groupe armé a ciblé un point de contrôle à l’entrée d’un camp de déplacés à Damasak, près de la frontière nigérienne. Un membre des milices d’autodéfense y a été tué, tandis qu’une vingtaine d’habitations ont été incendiées.

Ces violences interviennent dans un contexte de recrudescence des attaques jihadistes dans la région. Il y a deux semaines à peine, Maiduguri avait été le théâtre d’attentats-suicides meurtriers ayant fait au moins 23 victimes sur un marché et dans plusieurs quartiers, l’un des bilans les plus lourds enregistrés ces dernières années dans la ville.

Dans le nord-ouest du pays, l’armée nigériane a annoncé dimanche avoir libéré 31 fidèles enlevés lors des célébrations de Pâques dans l’Etat de Kaduna. L’opération de sauvetage, menée après des affrontements avec les ravisseurs, a toutefois été marquée par la mort de cinq civils.

L’enlèvement s’était produit dans un village situé à une centaine de kilomètres d’Abuja, malgré un dispositif sécuritaire renforcé autour des lieux de culte durant les fêtes. Si l’armée évoque une seule église ciblée, des médias locaux rapportent des attaques simultanées contre deux édifices religieux, catholique et évangélique, ayant fait plusieurs victimes supplémentaires.

La situation sécuritaire a suscité des réactions à l’international, le président américain Donald Trump dénonçant un « génocide » visant les chrétiens au Nigeria.

Plus tôt cette année, en janvier, plus de 170 fidèles avaient été pris en otage dans trois églises de Kaduna par des groupes armés. Selon les autorités, une partie des captifs avait réussi à fuir, tandis que les autres avaient été libérés après plusieurs semaines de négociations.

Dans le même temps, les forces armées poursuivent leurs opérations contre les groupes criminels connus localement sous le nom de bandits, responsables de nombreux enlèvements de masse. Une offensive menée dans l’Etat de Zamfara a permis, selon un rapport de sécurité, de neutraliser au moins 65 de ces assaillants.

Cette opération, combinant actions terrestres et frappes aériennes, s’est déroulée dans le district de Tsafe, à proximité de zones récemment touchées par des enlèvements. Dans cette région du nord-ouest et du centre du pays, ces groupes armés multiplient les attaques contre les villages, pratiquant pillages, incendies et prises d’otages contre rançon.