La ville de Baidoa, chef-lieu de l’Etat du Sud-Ouest somalien, a été le théâtre samedi de violents affrontements opposant l’armée fédérale à des combattants fidèles à l’ancien président régional Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen. Les heurts ont fait plusieurs victimes, selon des sources sécuritaires et des témoins locaux.
D’après les autorités, les assaillants, certains circulant à bord de véhicules équipés d’armes lourdes, ont réussi à pénétrer brièvement dans plusieurs quartiers de la ville avant d’être repoussés par les forces gouvernementales. Ces combattants seraient issus d’anciennes unités restées loyales à M. Laftagareen, évincé du pouvoir en mars dernier.
Lors d’un point de presse, le chef de la police de Baidoa, Sadiq Dudishe, a affirmé que l’attaque visait à déstabiliser la ville, précisant que les forces de sécurité avaient repris le contrôle de la situation et rétabli le calme.
Le commandement militaire a indiqué avoir retrouvé les corps d’environ six assaillants à l’issue des combats. De leur côté, des habitants ont rapporté la mort de plusieurs personnes, dont des civils touchés par des tirs perdus. Selon des témoins, les combattants pro-Laftagareen ont temporairement pris le contrôle de certains secteurs avant de battre en retraite.
Ces violences interviennent dans un contexte politique particulièrement tendu. L’attaque s’est produite alors que les autorités finalisaient les préparatifs de la prestation de serment des nouveaux députés du Parlement de l’Etat du Sud-Ouest, élus lors des scrutins locaux et régionaux du 10 mai.
Ces élections, organisées sous l’égide du gouvernement fédéral, ont été présentées comme les premières consultations au suffrage universel direct dans plusieurs districts de la région. Elles demeurent toutefois contestées par certains acteurs politiques.
Au cœur des tensions figure également la réforme constitutionnelle adoptée en mars, qui prolonge le mandat présidentiel de quatre à cinq ans et prévoit l’élection directe des parlementaires, remplaçant progressivement le système traditionnel fondé sur les clans.
La crise politique s’est accentuée depuis l’expiration, à la mi-mai, du mandat du président somalien Hassan Sheikh Mohamud, sans qu’un nouveau scrutin présidentiel n’ait encore été organisé, alimentant les craintes d’une nouvelle période d’instabilité dans un pays marqué par des décennies de conflits.
