Cameroun : Le pape Léon XIV attendu à Bamenda pour un message de paix dans la zone anglophone

Le pape Léon XIV se rend ce jeudi à Bamenda, épicentre du conflit dans les régions anglophones du Cameroun, pour une étape hautement symbolique de son voyage pastoral. Il doit y prononcer un discours à la cathédrale Saint-Joseph avant de célébrer une messe à l’aéroport dans l’après-midi.

La veille, à Yaoundé, le souverain pontife avait tenu un discours ferme devant les autorités, dont le président Paul Biya. Il a appelé à « briser les chaînes de la corruption », tout en insistant sur le respect des droits humains et de l’État de droit. Accueilli dans une ambiance fervente, il avait béni des milliers de fidèles massés le long de son parcours.

A Bamenda, l’attente est palpable. Les mesures de sécurité ont été renforcées et des foules importantes convergent vers l’aéroport, brandissant des drapeaux du Vatican et des messages de paix. « La prière peut changer le monde », confie une religieuse venue accueillir le pape.

Depuis 2017, les régions anglophones sont le théâtre d’un conflit opposant des séparatistes, qui revendiquent l’indépendance de « l’Ambazonie », aux forces gouvernementales. Ce conflit, né de manifestations réprimées, a fait au moins 6 000 morts et provoqué des centaines de milliers de déplacés, selon l’ONU.

Dans ce contexte, des groupes séparatistes ont annoncé une trêve de trois jours afin de permettre le bon déroulement de la visite papale. L’aéroport de Bamenda, fermé depuis 2019 en raison des violences, a été rénové pour l’occasion et rouvert.

L’archevêque de Bamenda, Andrew Fuanya Nkea, a salué un moment rare d’unité : « Pour la première fois depuis le début de la crise, tous parlent d’une même voix pour accueillir le Saint-Père ». 

Si l’Église catholique, qui représente environ 37 % de la population camerounaise, joue un rôle clé de médiation, certains estiment que la paix passe d’abord par la résolution des causes profondes du conflit, notamment les tensions héritées de la décolonisation et le sentiment de marginalisation.

Avant le Cameroun, le pape s’était rendu en Algérie, une étape marquée par des tensions sécuritaires et des critiques du président américain Donald Trump. Sa tournée africaine se poursuivra en Angola et en Guinée équatoriale jusqu’au 23 avril.