Algérie : Arrestations et purge sécuritaire après les attentats lors de la visite du pape Léon XIV

Dans les heures qui ont suivi les attentats kamikazes à  Blida, « La Ville des Roses », située à une quarantaine  de la capitale Alger, les autorités algériennes, sur les instructions de Boualem Boualem, directeur du cabinet du président  Abdelmadjid Tebboune, ont déclenché une vaste opération interne sans précédent au sein de leurs propres services sécuritaires.

Les attaques survenues le jour même de l’arrivée à Alger  du pape Léon XIV (Robert Francis Prevost), souverain pontife de l’Église catholique et le chef d’État de la Cité du Vatican, en visite officielle, ont provoqué une onde de choc au sommet de l’appareil d’État algérien.

Selon des sources proches du pouvoir, les premiers éléments de l’enquête auraient rapidement révélé de graves dysfonctionnements, voire des complicités, au sein de certaines unités chargées du contre-terrorisme, tant dans la police et la gendarmerie que dans les services de renseignement militaires placés sous l’autorité du général Saïd Chengriha, lequel a été rappelé à l’ordre par le directeur de cabinet.

Dès le lendemain, plusieurs responsables du renseignement intérieur ont été relevés de leurs fonctions ou arrêtés, tandis que des dizaines d’agents ont été interpellés dans différentes casernes et centres opérationnels.

Dans le même temps, la riposte sécuritaire s’est étendue bien au-delà des structures officielles. Des membres des familles présumées des kamikazes ont été arrêtés dans plusieurs régions du pays, officiellement pour besoins d’enquête.

Parallèlement, les autorités ont lancé une traque contre les personnes soupçonnées d’avoir filmé ou diffusé des images des tentatives d’attentats. Plusieurs interpellations ont eu lieu après la circulation de vidéos sur les réseaux sociaux, les autorités accusant leurs auteurs de  porter atteinte à la sécurité nationale et de relayer une propagande terroriste.

Pour le ministère de l’Intérieur, Boualem Boualem a ordonné une opération de réorganisation stratégique qui vise à restaurer l’intégrité et l’efficacité de tous les services sécuritaires civils et militaires sous son autorité.

La simultanéité entre les tentatives d’attentats et la visite du Pape alimente par ailleurs les spéculations. Certains analystes y voient un message politique destiné à fragiliser le pouvoir en place sur la scène internationale, voire à compromettre ses relations diplomatiques. D’autres évoquent une lutte interne entre factions rivales au sein de l’appareil sécuritaire.

Ce climat de suspicion généralisée marque un tournant pour l’Algérie, où la confiance dans les services de sécurité et l’armée, longtemps considérés comme le pilier du régime, semble désormais profondément ébranlée.

Les jours à venir devraient révéler si cette purge et arrestations débouchent  sur une véritable refonte ou si elle n’est que le prélude à des tensions plus larges au sommet de l’État entre l’armée et la présidence.