La France a fait part, jeudi, de sa vive inquiétude face au renforcement de la législation visant les personnes LGBT+ au Sénégal. Adoptée à la mi-mars, une nouvelle loi prévoit un alourdissement significatif des sanctions contre les relations homosexuelles, désormais passibles de cinq à dix ans d’emprisonnement. Elle introduit également de nouvelles infractions liées à l’apologie ou au financement de la promotion de l’homosexualité.
Lors d’un point presse, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a souligné cette préoccupation, précisant que le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, avait abordé ce sujet avec son homologue sénégalais, Cheikh Niang, à l’occasion de leur rencontre lundi à Paris.
Ce durcissement législatif intervient dans un climat tendu, marqué par une montée des actes et discours homophobes ainsi qu’une série d’arrestations pour homosexualité présumée. Le 10 avril, un tribunal de Dakar a notamment condamné un jeune homme à six ans de prison ferme après avoir été surpris en relation avec un autre homme en banlieue de la capitale.
La réforme a également suscité de vives critiques à l’international. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a dénoncé un texte qu’il estime contraire aux droits fondamentaux.
Paris a rappelé, à cette occasion, son engagement en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité à l’échelle mondiale, ainsi que sa lutte contre toutes les formes de discrimination fondées sur l’orientation sexuelle.
