Afrique : Tensions croissantes entre Addis-Abeba et Khartoum sur fond d’accusations croisées

L’Éthiopie a accusé mardi le Soudan d’apporter un appui militaire et financier au Front populaire de libération du Tigré (TPLF), formation influente du nord du pays en conflit latent avec le pouvoir central. 

Selon le ministère éthiopien des Affaires étrangères, l’armée soudanaise aurait contribué à armer et financer ces combattants, facilitant leurs opérations le long de la frontière occidentale.

Dans le même sillage, Addis-Abeba a fermement rejeté les accusations de Khartoum, jugées « sans fondement ». Le Soudan avait rappelé son ambassadeur après avoir affirmé que l’Éthiopie, en coordination avec les Émirats arabes unis, serait impliquée dans une attaque de drone ayant visé lundi l’aéroport de la capitale soudanaise. Les autorités éthiopiennes assurent que ces allégations sont infondées.

Le communiqué éthiopien insiste également sur la présence active du TPLF au Soudan, décrivant ce pays comme une plateforme pour des forces hostiles à l’Éthiopie. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre le gouvernement fédéral et les autorités du Tigré, ravivant les craintes d’un retour à la guerre civile qui avait fait des centaines de milliers de morts avant l’accord de paix de 2022.

Le Soudan est plongé depuis avril 2023 dans un conflit interne opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR). Les combats se sont intensifiés récemment, notamment avec des attaques de drones meurtrières. Samedi encore, une frappe attribuée aux paramilitaires a causé plusieurs victimes dans la capitale.

Khartoum affirme détenir des preuves selon lesquelles certaines attaques de drones auraient été lancées depuis le territoire éthiopien, notamment depuis l’aéroport de Bahir Dar, visant des positions militaires dans plusieurs régions soudanaises. Addis-Abeba nie catégoriquement toute implication.

Un rapport publié en avril par un centre de recherche américain évoque toutefois un soutien logistique provenant d’une base militaire éthiopienne proche de la frontière.