Algérie : Chengriha verrouille les services sécuritaires face au risque d’un scénario turc du prédisent Abdelmadjid Tebboune (ANP)

Au sein de l’armée algérienne, des officiers évoquent les déplacements du président Abdelmadjid Tebboune en Turquie qui auraient suscité des doutes chez les hauts responsables militaires algériens.

Ces derniers craindraient que le chef de l’Etat algérien, le président Abdelmadjid Tebboune, cherche à s’inspirer du modèle du président turc Recep Tayyip Erdoğan, lequel a réduit l’influence politique de l’armée turque, afin de placer les institutions sécuritaires et militaires sous un contrôle civil.

Plusieurs observateurs soulignent toutefois une différence majeure entre les deux situations en Algérie et en Turquie.

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, a construit son pouvoir à travers plusieurs élections remportées démocratiquement et bénéficie d’une légitimité électorale issue des urnes.

A l’inverse, Abdelmadjid Tebboune continue d’être présenté comme un président porté au pouvoir avec l’appui décisif de l’institution militaire après la crise politique provoquée par le Hirak en 2019.

Le général Abdelkader Aït Ouarabi, connu sous le nom de « général Hassan », a quitté ses fonctions à la tête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le principal service de contre-espionnage algérien. Ce départ, officialisé après environ une année seulement à ce poste stratégique, intervient dans un contexte de fortes tensions au sommet du pouvoir algérien.

Le général Hassan, considéré comme un officier expérimenté et réputé proche du cercle présidentiel, avait été rappelé à la tête de la DGSI pour remplacer le général Abdelkader Haddad, dit « Nacer El Djinn », lors d’une phase de recomposition interne des appareils sécuritaires et politiques du régime.

Pour lui succéder, le haut commandement militaire a choisi le général-major Mounir Zahi, ancien adjoint du général Hassan, dont la nomination avait été décidée dès décembre 2025 par le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général Saïd Chengriha.

Selon plusieurs sources proches des milieux militaires algériens, cette décision ne serait pas uniquement liée à une réorganisation administrative des services de sécurité. Elle traduirait surtout la volonté du général Saïd Chengriha de reprendre un contrôle total sur les structures stratégiques de renseignement après avoir décelé ce qu’il considère comme des tentatives de renforcement progressif du pouvoir présidentiel autour d’Abdelmadjid Tebboune.

Le départ du général Hassan intervient quelques jours après celui de Boualem Boualem, directeur de cabinet du président Tebboune et figure influente dans la gestion des dossiers sensibles impliquant les responsables civils et militaires.

Pour plusieurs observateurs, ces changements successifs témoignent d’une méfiance grandissante entre le président et l’armée.

Le général Saïd Chengriha aurait rapidement identifié ces évolutions et décidé d’agir avant que certains centres de pouvoir ne basculent définitivement vers la présidence.

Le remplacement du général Hassan par le général-major Mounir Zahi est ainsi interprété comme un signal fort envoyé par le haut commandement militaire : les services de renseignement interne et externe resteront sous l’autorité directe de l’institution militaire.