Le Bénin a officiellement un nouveau président. Dimanche à Cotonou, Romuald Wadagni a prêté serment après une victoire écrasante à l’élection présidentielle du 12 avril, remportée avec plus de 94 % des suffrages. À 49 ans, l’ancien ministre des Finances succède à Patrice Talon, dont il était l’un des plus proches collaborateurs depuis plusieurs années.
Cette transition s’inscrit dans une logique de continuité politique et économique. Artisan des réformes financières menées sous Talon, Wadagni hérite d’un pays en forte croissance, mais confronté à des tensions sécuritaires croissantes dans le nord, où des groupes jihadistes multiplient les attaques et tentent de recruter au sein des populations locales.
Lors de son discours d’investiture, le nouveau chef de l’État a insisté sur l’importance de traduire les performances économiques en amélioration concrète des conditions de vie. Il s’est notamment adressé à la jeunesse béninoise, promettant davantage d’opportunités pour réussir dans le pays.
Le gouvernement dévoilé dans la soirée compte 24 ministres, avec un mélange de nouvelles figures et de responsables reconduits. Plusieurs changements concernent des postes stratégiques comme l’Économie, la Défense ou les Affaires étrangères, tandis que certains ministres conservent leurs fonctions, notamment à la Santé et à la Justice.
Sur le plan régional, Romuald Wadagni devra aussi tenter d’apaiser les relations avec les pays de l’Alliance des Etats du Sahel — le Niger, le Mali et le Burkina Faso — dirigés par des régimes militaires souvent critiques envers le Bénin, jugé trop proche de la France. La présence remarquée des représentants de ces pays à la cérémonie d’investiture a toutefois été interprétée comme un signe d’ouverture diplomatique.
Le Niger avait notamment envoyé son Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine, qui a salué la volonté de renforcer les liens entre les peuples de la région.
