Trois ans après le début du conflit au Soudan, plus de 400 000 ressortissants tchadiens ont regagné leur pays, un seuil atteint plus rapidement qu’anticipé, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Dans un communiqué, l’agence onusienne souligne que cet afflux massif de personnes met à rude épreuve les capacités d’accueil de l’est du Tchad, où les infrastructures et les services de base étaient déjà fortement sollicités avant la crise soudanaise. Les provinces du Ouaddaï, du Wadi Fira, du Sila et du Salamat figurent parmi les plus touchées.
La plupart des personnes de retour se sont installées dans des sites spontanés ou au sein de communautés d’accueil disposant de ressources limitées. Elles font face à des besoins urgents en matière de logement, d’accès à l’eau, de soins de santé, de biens de première nécessité et de protection.
L’OIM met également en lumière le profil particulièrement vulnérable des personnes concernées : les femmes représentent 58 % des retournés, tandis que les enfants en constituent près de 69 %.
« Ces chiffres montrent que la réponse ne peut se limiter à une assistance d’urgence. Il est indispensable de privilégier aussi la protection, la santé, la dignité et un accompagnement durable en faveur des femmes, des enfants et des communautés hôtes », a déclaré SungAh Lee, Directrice générale adjointe de l’OIM chargée de la gestion et de la réforme.
Depuis le déclenchement de la crise, l’organisation travaille aux côtés du gouvernement tchadien, des autorités locales et de ses partenaires pour venir en aide aux personnes retournées et aux populations d’accueil. Son intervention comprend la mise en place d’abris d’urgence, des actions dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, la distribution de biens essentiels, une aide financière directe ainsi que des services de protection, de santé mentale et de soutien psychosocial.
Alors que le conflit soudanais entre dans sa quatrième année, l’OIM estime toutefois que les limites d’une réponse exclusivement humanitaire apparaissent de plus en plus évidentes. L’organisation plaide ainsi pour un renforcement de l’aide dans l’est du Tchad, combinant la poursuite de l’assistance d’urgence avec des investissements durables dans les moyens de subsistance et les infrastructures communautaires.
