Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé jeudi sa vive inquiétude face au renforcement des positions des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) autour de la ville d’El-Obeid, au Soudan, faisant craindre une offensive imminente contre cette cité stratégique du Kordofan.
« Nous avons déjà été témoins de ce scénario et nous connaissons ses conséquences », a averti M. Türk dans un communiqué, rappelant les exactions documentées à El-Facher et dans le camp de déplacés de Zamzam, au Darfour-Nord, l’an dernier. Il a estimé que les civils se trouvent aujourd’hui dans une situation de « grave danger » en raison de l’escalade militaire en cours.
Assiégée depuis plusieurs mois par les FSR, El-Obeid est devenue un point névralgique du conflit qui oppose les paramilitaires à l’armée soudanaise depuis avril 2023. Les affrontements se sont récemment intensifiés dans les régions du Kordofan et du Nil Bleu, notamment après la prise d’El-Facher par les FSR en octobre dernier, dernier bastion majeur de l’armée dans l’ouest du Darfour.
Le Haut-Commissaire a également dénoncé le recours croissant aux drones dans les opérations militaires, soulignant leur impact dévastateur sur les populations civiles.
Selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, d’importants renforts des FSR et de groupes alliés ont été déployés autour d’El-Obeid, parallèlement à une intensification des frappes de drones et des bombardements d’artillerie. L’ONU redoute notamment des exécutions sommaires, des enlèvements, des détentions arbitraires et d’autres formes de violences contre les civils.
Réunis au Conseil des droits de l’homme à Genève, 29 pays, dont l’Australie, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l’Allemagne, la Norvège et l’Espagne, ont exprimé leur « profonde inquiétude » face aux risques imminents d’atrocités et de meurtres délibérés au Soudan. Ils ont appelé les FSR à mettre immédiatement fin à leur offensive contre El-Obeid.
Selon cette déclaration conjointe, près de 500.000 civils, dont plus de 100.000 déplacés internes, pourraient être exposés à des violences de grande ampleur.
Les affrontements entre le général Abdel Fattah al-Burhan, commandant des Forces armées soudanaises (FAS), dirigeant de facto du pays et le général Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de « Hemedti », chef des Forces de soutien rapide (FSR), une puissante force paramilitaire, ont fait plus de 200.000 morts selon certaines estimations et provoqué ce que l’ONU considère comme la pire crise humanitaire au monde.
