Les principales institutions politiques libyennes ont annoncé jeudi un accord de principe prévoyant l’organisation simultanée d’élections législatives et présidentielle au plus tard le 17 février 2027. Cette initiative, présentée comme une nouvelle feuille de route vers une sortie de crise, a toutefois été rapidement désavouée par le camp du maréchal Khalifa Haftar, qui domine l’est du pays.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye reste profondément divisée entre deux centres de pouvoir rivaux : un gouvernement installé à Tripoli, dans l’ouest, reconnu par les Nations unies, et une administration basée à Benghazi, dans l’est, soutenue par la famille Haftar.
L’accord a été conclu mardi lors d’une réunion par visioconférence entre le président du Conseil présidentiel, Mohammed el-Menfi, le chef du Haut Conseil d’État, Mohammed Takala, et le président du Parlement de l’est, Aguila Saleh. Selon un communiqué conjoint, les trois responsables se sont entendus sur un « document de principes » définissant les bases d’un processus électoral.
Cette entente est d’autant plus remarquable qu’elle intervient après cinq années de profondes divergences entre ces institutions et qu’elle a été négociée sans médiation internationale ni intervention de l’ONU. Son annonce est survenue quelques heures avant une intervention devant le Conseil de sécurité de l’ONU de l’émissaire pour la Libye, Hanna Tetteh, engagée depuis plusieurs mois dans des efforts de dialogue politique.
Mais l’initiative n’a pas reçu l’aval des autorités de l’est. Dans un communiqué, le commandement général de l’Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par Khalifa Haftar, a mis en avant une autre dynamique de négociation, menée sous l’égide des États-Unis.
L’ANL a ainsi salué le plan proposé par l’envoyé américain pour l’Afrique, Massad Boulos, qualifié d’« initiative d’un genre nouveau » fondée sur le « réalisme ». Plusieurs médias évoquent une possible reconfiguration du pouvoir prévoyant le maintien du Premier ministre Abdelhamid Dbeibah et l’accession de Saddam Haftar, fils du maréchal, à la présidence.
Le camp de l’est affirme néanmoins rester disposé à soutenir toute démarche susceptible d’aboutir à un règlement « global et équitable » et assure travailler, lui aussi, à une feuille de route destinée à organiser des élections « dans les meilleurs délais ».
