Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a annoncé l’interdiction définitive de l’exportation de l’or brut extrait dans le pays et l’obligation de raffiner toute la production aurifère sur le territoire national. Cette mesure vise à permettre à la Guinée de mieux tirer profit de ses ressources minières et de créer davantage de valeur ajoutée localement.
S’exprimant devant les acteurs du secteur minier, le chef de l’État a dénoncé un système qui, selon lui, prive le pays d’une part importante des richesses générées par l’exploitation de l’or. Il a rappelé son engagement à mettre un terme au paradoxe d’un pays doté d’immenses ressources naturelles mais dont une grande partie de la population demeure dans la pauvreté.
« Chaque jour, notre or quitte le sous-sol guinéen à l’état brut pour être transformé et valorisé ailleurs », a-t-il regretté, estimant que les emplois et les retombées économiques profitent principalement aux pays qui assurent le raffinage.
Le président guinéen a averti que tout opérateur ne respectant pas cette nouvelle orientation stratégique s’exposerait à de lourdes sanctions. Il a également annoncé la mise en service prochaine de la raffinerie Nimba Gold Refinery (NGR), présentée comme un projet majeur pour l’industrie aurifère africaine.
La Guinée, qui figure parmi les principaux producteurs d’or du continent aux côtés du Ghana, du Mali, de l’Afrique du Sud et du Burkina Faso, accueille plusieurs sociétés minières étrangères. Parmi elles figure la AngloGold Ashanti, qui exploite, via la Société Aurifère de Guinée, la mine de Siguiri.
Tout en affirmant ne pas être opposé aux investissements étrangers, Mamadi Doumbouya a insisté sur la nécessité de nouer des partenariats respectueux des intérêts stratégiques du pays.
Cette décision s’inscrit dans une politique plus large de renforcement du contrôle de l’État sur les ressources naturelles. Ces dernières années, les autorités guinéennes ont retiré des permis d’exploitation à plusieurs dizaines de sociétés minières, aussi bien locales qu’étrangères.
Malgré ses importantes réserves d’or, de fer, de diamants, d’uranium et de bauxite, la Guinée peine encore à faire profiter sa population des retombées de ses richesses minières, en raison notamment du déficit d’infrastructures, de la faiblesse du tissu économique local et de problèmes de gouvernance.
