Afrique de l’Est : La croissance économique devrait ralentir à 5,9 % 

Après une forte accélération en 2025, la croissance économique de l’Afrique de l’Est devrait marquer le pas en 2026. Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) prévoit une progression du produit intérieur brut (PIB) régional de 5,9 %, contre environ 6,6 % en 2025, en raison notamment de la hausse des prix de l’énergie et du durcissement des conditions financières internationales.

Présenté récemment à Nairobi, le rapport de la BAD sur les perspectives économiques de l’Afrique de l’Est souligne que la région avait enregistré une nette amélioration de son activité, avec une croissance passée de 4,3 % en 2024 à 6,6 % en 2025. Cette performance a été soutenue par la vigueur de la consommation des ménages, l’augmentation des investissements publics et privés, une production agricole plus importante ainsi que l’expansion continue du secteur des services.

Malgré cette dynamique, l’institution met en garde contre un déficit annuel de financement du développement estimé à 119 milliards de dollars. Selon la BAD, combler ce manque nécessitera une mobilisation accrue des ressources intérieures, un renforcement des marchés de capitaux, une gestion plus efficace des finances publiques et une implication plus importante du secteur privé afin de financer les infrastructures, l’industrialisation, la résilience climatique et la création d’emplois.

« La résilience ne peut être atteinte dans l’isolement. Elle exige des pays qu’ils renforcent leurs capacités nationales, tout en approfondissant la coopération régionale et en mobilisant davantage de capitaux », souligne le rapport.

Sur le plan national, la BAD relève que l’Ethiopie poursuit une croissance soutenue grâce aux investissements et aux réformes engagées, tandis que le Rwanda demeure l’une des économies les plus performantes de la région. La Tanzanie et l’Ouganda continuent également d’afficher une expansion robuste, contrairement à d’autres pays confrontés à des contraintes budgétaires ou à des difficultés structurelles.

Pour soutenir une croissance plus inclusive, la Banque recommande d’améliorer la collecte des recettes fiscales, de renforcer l’efficacité des dépenses publiques et de lutter contre les flux financiers illicites. À plus long terme, elle préconise le développement des partenariats public-privé, la mobilisation des fonds de pension et des investissements de la diaspora, ainsi qu’une intégration financière régionale plus poussée.