Soudan : Khartoum rejette la position de Washington sur la légitimité politique

Le Soudan a rejeté mercredi la position américaine selon laquelle ni l’armée soudanaise ni les Forces de soutien rapide (FSR) ne peuvent être considérées comme un gouvernement constitutionnellement légitime.

Dans un communiqué, le ministère soudanais des Affaires étrangères a estimé que toute démarche visant à mettre fin au conflit devait préserver l’unité territoriale du pays et respecter ses institutions. Khartoum a également insisté sur la nécessité d’éviter que les négociations ne consacrent les territoires contrôlés par les FSR.

Pour les autorités soudanaises, un accord de paix durable doit notamment mettre un terme à l’existence des groupes armés, placer l’ensemble des armes sous l’autorité de l’État et ouvrir la voie à un processus politique conduit par les Soudanais, avec pour objectifs la démocratie et la justice.

Cette passe d’armes diplomatique intervient alors que Washington aurait refusé d’accorder un visa au chef de l’armée et président du Conseil de souveraineté, le général Abdel Fattah al-Burhan, afin qu’il puisse participer jeudi à l’Assemblée générale de l’ONU. Selon plusieurs informations, l’octroi du visa aurait été lié à l’acceptation d’une trêve de 90 jours, une condition que le dirigeant soudanais aurait rejetée.

Khartoum affirme pour sa part avoir participé « de bonne foi » aux précédentes négociations de paix organisées à Jeddah et avoir pris part de manière constructive à l’initiative du Quad, soutenue par Washington. Le Soudan conteste toutefois la présence des Emirats arabes unis au sein de ce groupe et accuse Abou Dhabi de soutenir les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo.

Le Quad, qui réunit les Etats-Unis, l’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis, propose une trêve humanitaire de trois mois, qui serait suivie d’un cessez-le-feu permanent puis d’une transition vers un pouvoir civil.

Malgré ses divergences avec Washington, Khartoum assure que la recherche de la paix reste une priorité stratégique et se dit disposé à travailler avec les Etats-Unis, les organisations régionales et ses partenaires internationaux pour parvenir à une issue au conflit.