Somalie : Un plan national pour anticiper les risques liés à El Niño

La Somalie renforce son dispositif de prévention face aux conséquences attendues du phénomène climatique El Niño en Afrique de l’Est. Le gouvernement fédéral a adopté mercredi un plan national de préparation couvrant la période 2026-2027, avec pour objectif de limiter l’impact des fortes pluies et des éventuelles inondations.

Le programme prévoit notamment d’améliorer les mécanismes d’alerte précoce et la surveillance des risques, tout en renforçant la protection des populations, du cheptel, des cultures, des ressources hydriques et des infrastructures essentielles, selon l’agence de presse somalienne SONNA.

Présidant la réunion consacrée à l’adoption du dispositif, le vice-Premier ministre Jibril Abdirashid Haji Abdi a appelé à une mobilisation conjointe des institutions fédérales, des Etats membres de la Fédération et des autorités locales. Il a insisté sur la nécessité d’une réponse anticipée reposant sur des systèmes fiables de prévision et d’alerte.

Les autorités somaliennes redoutent en particulier des précipitations exceptionnelles entre octobre et décembre, susceptibles de provoquer d’importantes inondations et d’en prolonger les effets jusqu’en 2027. D’après le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), quelque 3,4 millions de personnes pourraient être exposées aux risques dans 16 régions, notamment dans le Hiraan, le Moyen-Juba et le Bas-Juba.

Les conséquences pourraient également aggraver les vulnérabilités humanitaires existantes. L’OCHA souligne notamment les risques de déplacements de populations, alors que les conflits, les phénomènes climatiques extrêmes et l’insécurité foncière compliquent déjà l’accès à la protection et aux services essentiels.

Le secteur de la santé se trouve lui aussi sous pression. Entre janvier et juin, 380 établissements sanitaires ont cessé leur activité ou ont réduit leurs capacités en raison de difficultés de financement. Par ailleurs, 115 unités médicales mobiles ne sont plus opérationnelles.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a parallèlement appelé les pays concernés à anticiper les effets sanitaires d’El Niño. Elle met notamment en garde contre une possible recrudescence des épidémies, de la malnutrition et du choléra dans les zones les plus fragiles.