L’armée soudanaise a fermement rejeté les accusations du chef d’état-major éthiopien, qui affirme que Khartoum apporte un soutien aux groupes armés combattant les forces fédérales dans le nord de l’Ethiopie.
Le maréchal Birhanu Jula a également mis en cause l’Erythrée et l’Egypte, alors que les affrontements ont repris mercredi dans la région du Tigré, après plusieurs mois de tensions entre le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui contrôle de fait les institutions régionales.
Dans un communiqué publié dimanche soir, les forces armées soudanaises ont « catégoriquement rejeté ces allégations infondées », réaffirmant leur attachement au droit international et aux principes de bon voisinage.
Le chef d’état-major éthiopien avait estimé que ni l’Erythrée ni le TPLF ne seraient en mesure de mener seuls leurs opérations, même en coopérant, sans le soutien et l’approvisionnement du Soudan, de l’Egypte ou d’autres puissances étrangères. Le Caire et Asmara n’ont, pour leur part, pas réagi publiquement à ces accusations.
La reprise des combats au Tigré ravive les craintes d’un nouveau conflit de grande ampleur, quatre ans après la guerre qui avait ravagé la région entre 2020 et 2022. Selon une estimation de l’Union africaine, au moins 600.000 personnes avaient péri durant ce conflit, un bilan considéré comme sous-évalué par plusieurs experts.
Les relations entre l’Ethiopie et ses voisins restent particulièrement tendues. L’Érythrée, devenue indépendante d’Addis-Abeba en 1993 après trois décennies de guerre, entretient des rapports historiquement difficiles avec son ancien voisin.
Khartoum accuse également régulièrement Addis-Abeba de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR), engagées depuis avril 2023 dans une guerre contre l’armée soudanaise. Le Soudan affirme notamment que des attaques de drones sont lancées depuis le territoire éthiopien avec l’appui des Emirats arabes unis. Des accusations rejetées par Addis-Abeba et Abou Dhabi.
