Cinq chefs d’État africains ont participé mercredi 30 septembre 2026 à la cérémonie de lancement des travaux d’une raffinerie de pétrole d’un coût annoncé de 16 milliards de dollars à Lamu, dans le sud-est du Kenya, relançant les appels à une transformation accrue des ressources naturelles du continent sur place.
Le projet, dont la construction doit s’étaler sur 40 mois, prévoit une capacité de raffinage de 700.000 barils de pétrole par jour. Le président kényan William Ruto a pris part à la cérémonie aux côtés de ses homologues ougandais Yoweri Museveni, éthiopien, togolais et béninois, ainsi que de l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo.
Le groupe Dangote, dirigé par l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, doit construire la raffinerie et détenir une participation dans le projet. Son fondateur a plaidé pour une industrialisation accrue de l’Afrique, estimant que le continent devait davantage maîtriser la transformation de ses propres ressources. « L’Afrique doit industrialiser l’Afrique », a-t-il déclaré, appelant à mettre fin à un modèle consistant à « exporter ce qu’elle possède et importer ce dont elle a besoin ».
La raffinerie devrait notamment s’approvisionner en pétrole brut auprès de pays voisins. L’Ouganda entend toutefois poursuivre son propre projet de construction d’une raffinerie de taille plus modeste. Le président Yoweri Museveni a défendu cette orientation, estimant que plusieurs installations seraient nécessaires pour répondre aux besoins de la région. « Pour le pétrole brut ougandais, je ne voulais pas exporter de brut, je voulais le raffiner localement », a-t-il expliqué.
Selon Aliko Dangote, la demande en produits pétroliers en Afrique de l’Est dépasse déjà la capacité quotidienne prévue pour la future installation, offrant ainsi un marché régional important.
Initialement envisagé à Tanga, en Tanzanie, le projet a finalement été déplacé à Lamu. Aliko Dangote a expliqué que le site kényan avait été retenu en raison de la profondeur de ses eaux, de son accès maritime et de la capacité du terrain à supporter des équipements industriels lourds.
Des délégations du Rwanda, du Burundi, du Soudan du Sud et de la Tanzanie ont également assisté à la cérémonie. Le projet fait toutefois face à plusieurs contestations. Une procédure judiciaire engagée par des habitants revendiquant la propriété du terrain concerné reste pendante. Mardi 29 septembre, des dizaines de manifestants ont également défilé à Lamu pour réclamer des indemnisations supplémentaires.
Des organisations environnementales ont, pour leur part, exprimé leur inquiétude quant aux conséquences potentielles de la raffinerie sur l’écosystème marin et côtier de cette région.
