Le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a lancé mardi un appel pressant aux acteurs impliqués dans les tensions au Tigré, dans le nord de l’Ethiopie, les exhortant à engager sans délai des actions en faveur d’une désescalade.
En janvier, des affrontements ont opposé les forces fédérales éthiopiennes à des éléments tigréens dans la région du Tigré, un développement jugé particulièrement préoccupant depuis la fin du conflit meurtrier qui a ravagé la zone jusqu’en 2022. Des combats directs entre les deux camps avaient déjà été signalés en novembre 2025 dans la région voisine de l’Afar.
Ces nouvelles violences font craindre une reprise du conflit armé, après la guerre sanglante qui, entre novembre 2020 et novembre 2022, avait opposé l’armée éthiopienne aux forces loyales aux autorités du Tigré, issues du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), formation politique ayant dirigé l’Éthiopie pendant près de trente ans avant l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed en 2018.
Le Haut-commissaire a appelé les deux camps à « s’éloigner du point de non-retour » et à privilégier des solutions politiques à leurs différends. Il a également insisté pour que les accusations de violations graves des droits de l’Homme fassent l’objet d’« enquêtes rapides, indépendantes et impartiales, quel que soit le camp concerné ».
Selon le Haut-Commissariat, les combats entre l’armée fédérale éthiopienne (ENDF) et les Forces de sécurité du Tigré (TSF) se sont intensifiés à partir du 26 janvier, avant le retrait des forces tigréennes de la zone de Tselemti le 1er février.
« Les civils se retrouvent une nouvelle fois pris au piège de cette montée des tensions », a dénoncé M. Türk, soulignant que des arrestations pour affiliation présumée au camp adverse auraient été menées aussi bien par les TSF que par l’armée fédérale. « Ces pratiques doivent immédiatement cesser », a-t-il insisté.
