Kenya : La frontière terrestre avec la Somalie rouvrira en avril

La frontière terrestre entre le Kenya et la Somalie, fermée depuis quinze ans en raison des attaques menées au Kenya par les islamistes somaliens, sera rouverte en avril, a annoncé jeudi le président kényan William Ruto.

Dans un message publié sur X, le chef de l’État a estimé qu’il n’était plus acceptable que les habitants de Mandera, dans le nord-est du pays, restent séparés de leurs proches et partenaires commerciaux situés de l’autre côté de la frontière. Il a ainsi confirmé la réouverture prochaine du poste frontalier.

La frontière commune, longue d’environ 700 kilomètres, avait déjà fait l’objet d’un projet de réouverture progressive en mai 2023. Celui-ci avait toutefois été suspendu deux mois plus tard après plusieurs attaques meurtrières attribuées aux combattants du groupe Al-Shabab, affilié à Al-Qaïda et engagé depuis plus de vingt ans contre les autorités de Mogadiscio.

Une initiative similaire avait également été évoquée un an plus tôt lors de discussions entre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud et l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, sans jamais aboutir.

Le Kenya reste l’un des principaux contributeurs à la mission de l’Union africaine déployée en Somalie pour lutter contre l’insurrection islamiste. Malgré cette coopération sécuritaire, les relations entre Nairobi et Mogadiscio ont souvent été marquées par des tensions.

La Somalie accuse régulièrement son voisin d’ingérence, tandis que le Kenya reproche aux autorités somaliennes de chercher un responsable extérieur à leurs difficultés internes. Mogadiscio avait d’ailleurs rompu ses relations diplomatiques avec Nairobi en décembre 2020, avant leur rétablissement en août 2021.

Les deux pays restent aussi en désaccord sur la délimitation de leur frontière maritime dans l’océan Indien. En octobre, la Cour internationale de justice a attribué à la Somalie une vaste zone maritime d’environ 100000 km² potentiellement riche en ressources halieutiques et en hydrocarbures, une décision que le Kenya continue de contester.