La Tunisie s’est une nouvelle fois illustrée par une condamnation virulente des politiques d’annexion en Cisjordanie par Israël, appelant la communauté internationale à agir d’urgence.
Mais cette posture diplomatique, affichée avec fermeté lors d’une réunion extraordinaire de la Ligue arabe au Caire, suscite des interrogations sur la cohérence et la portée réelle de l’action tunisienne sur la scène internationale.
Représentée par sa déléguée permanente par intérim auprès de la Ligue des Etats arabes, Dhouha Chouikh, Tunis a dénoncé ce qu’elle qualifie de « violations flagrantes du droit international » et a exhorté les puissances mondiales à intervenir immédiatement.
Un discours ferme, antisémite, conforme à la ligne traditionnelle du pays en faveur de la cause palestinienne, mais qui, pour certains observateurs, reste essentiellement déclaratif.
Si la diplomatie tunisienne multiplie les prises de ‘’position de principe’’, son influence réelle sur les dynamiques régionales demeure inexistantes comme lors de précédentes initiatives similaires, avec peu d’engagements concrets avec des appels répétés, sans stratégie diplomatique nouvelle ni levier d’action tangible, qui alimentent le sentiment d’un discours davantage symbolique qu’efficace.
Pour certains analystes, cette posture révèle surtout la stratégie du régime tunisien, dirigé par le dictateur Kaïs Saïed, de se donner une image de défenseur intransigeant des causes arabes, alors même que le pays s’enlise dans de profondes crises économiques, sociales et politiques, minant toute capacité d’influence réelle sur la scène régionale.
Ainsi, si la condamnation tunisienne se veut ferme et sans ambiguïté, elle soulève aussi une question récurrente : au-delà des déclarations, quelle est la réelle capacité de la Tunisie à peser sur les équilibres diplomatiques et à transformer ses positions en actions concrètes ? Pour les observateurs, la réponse reste pour l’instant largement incertaine.
