Algérie : Le président Abdourahamane Tiani en visite à Alger dans un contexte régional tendu

Le président du Niger, le général Abdourahamane Tiani, a été reçu lundi à Alger par son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, dans le cadre d’une visite officielle de deux jours placée sous le signe du renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays voisins.

Arrivé dimanche à la tête d’une importante délégation, le dirigeant nigérien effectue ce déplacement à l’invitation du chef de l’Etat algérien. Selon le ministère nigérien des Affaires étrangères, l’entretien au palais présidentiel illustre la volonté commune des deux dirigeants de consolider un partenariat qualifié de « fraternel et stratégique », dans un contexte régional marqué par de fortes tensions sécuritaires et géopolitiques.

Du côté de la présidence algérienne, cette visite est également présentée comme l’occasion d’aborder plusieurs dossiers politiques concernant l’ensemble du continent africain, avec une attention particulière portée à l’espace sahélo-saharien.

Ce rapprochement intervient après une période de crispation diplomatique entre l’Algérie et plusieurs pays du Sahel. Les relations avec Mali, Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), s’étaient nettement détériorées après la destruction, en avril 2025, d’un drone malien par l’armée algérienne.

A la suite de cet incident, les dirigeants de l’AES avaient rappelé leurs ambassadeurs en poste à Alger pour consultations. L’Algérie avait réagi en retirant ses représentants diplomatiques au Mali et au Niger et en différant l’arrivée de son ambassadeur désigné au Burkina Faso.

Mais des signes d’apaisement sont récemment apparus. La semaine dernière, Abdelmadjid Tebboune a annoncé le retour de l’ambassadeur algérien au Niger afin de favoriser une reprise du dialogue. Par ailleurs, une délégation algérienne s’est rendue au Burkina Faso pour renforcer la coopération dans les secteurs minier et énergétique.

Reste désormais à savoir si la visite du général Tiani contribuera également à détendre les relations entre Alger et Bamako. Les autorités maliennes accusent régulièrement l’Algérie de maintenir des liens étroits avec des groupes terroristes opérant notamment dans les zones frontalières, une accusation rejetée par Alger.

Au sein même de la confédération sahélienne, cette initiative diplomatique suscite des réactions prudentes. « Nous sommes en confédération, mais pas en mariage », a déclaré à l’AFP un diplomate malien, soulignant que chaque Etat reste libre de nouer ses propres partenariats, tant que les intérêts communs sont préservés.

Un conseiller à la présidence malienne a toutefois estimé que des explications restaient nécessaires, affirmant que les membres de la confédération auraient dû être informés des motivations de ce rapprochement.

Dans un contexte régional encore marqué par les rivalités et les recompositions diplomatiques, la visite du président nigérien à Alger apparaît ainsi comme un test pour la relance du dialogue entre les acteurs clés du Sahel.